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N° 35 Été 2026

L'été meutrier

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#ENQUÊTE

Amérique ta mère

Pour les partis traditionnels, en dénonçant l’hégémonie américaine ou en s’opposant à l’envoi d’armes aux Ukrainiens, le PTB fait le lit de la propagande russe. Pire : le parti marxiste constituerait un allié de Vladimir Poutine. De son côté, le PTB nie toute sympathie pour le régime russe. Ses dirigeants affirment honnir Poutine, cet autocrate anticommuniste et va-t-en-guerre nationaliste, depuis plus de vingt ans. Il plaide plutôt pour le droit de critiquer l’Occident sans se voir imposer la règle américaine du « vous êtes soit avec nous, soit contre nous ». Alors, la Russie et le PTB, amis ? Ennemis ? Anciens amis ? Amis d’ami ? Ennemis d’ennemi ?

N° 18 Printemps 2022
Journaliste
NICOLAS LAHAUT
« À vous entendre, on dirait que Poutine a des alliés dans ce Parlement. » Alexander De Croo, s’adressant au PTB sous les applaudissements, Chambre des représentants de Belgique, le 24 février 2022. Il faut prendre la mesure de la colère qui s’était faufilée entre les pupitres de l’hémicycle, ce jour-là. La Chambre des représentants de Belgique n’est pas coutumière des huées collectives propres à l’Assemblée nationale française, des chamailleries burlesques arbitrées par le speaker de la Chambre des communes britannique, des festivals de châtaignes qui animent parfois la Grande Assemblée nationale de Turquie. La contrariété belge a ceci de singulier qu’elle se manifeste généralement de façon contenue. Chaque esclandre en devient un événement politique notable. Avec cette tension dans la nuque qui précède toute montée au front, avec la fierté, aussi, de s’apprêter à porter la voix des siens, le député Nabil Boukili avait enfilé un blazer décroisé par-dessus son pull à col roulé gris et empoigné le texte rédigé un peu plus tôt avec les camarades du PTB. Le matin même, l’armée de Vladimir Pou...

Printemps 2022 N° 18

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