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N° 35 Été 2026

L'été meutrier

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« Je veux débarrasser la Belgique de sa mentalité coloniale »

Sa famille a tout quitté quand elle avait quatre ans, la maison, les souvenirs, les jouets, les amis, le lac, les grandes forêts du Congo. C’était fuir ou mourir. Réfugiée à Bruxelles, Maguy Ikulu a grandi avec les insultes racistes, les dérapages sexistes, les actes de violence en tous genres, mais aussi parmi les figures féminines qui l’inspirent. « Je dois avoir une sacrée équipe d’ancêtres qui veillent sur moi pour que je sois là où j’en suis », relève-t-elle. Fondatrice d’une association féministe, attachée politique dans un cabinet du gouvernement bruxellois, elle brûle toujours d’un désir fou, celui de devenir la première Première ministre noire de Belgique.

N° 35 Été 2026
Journaliste
QUENTIN JARDON
Photographe
KAROLY EFFENBERGER
Son enfance dorée n’a pas duré longtemps, c’est elle qui le dit. Quatre ans de paix à Bukavu, une vaste cité à l’extrême est de la République démocratique du Congo, à la frontière rwandaise, sur la rive sud de l’immense lac Kivu. Une cité construite en escaliers dont les habitations cascadent des collines jusqu’à l’eau. Bukavu-la-belle, la surnommait-on, comme Dick Annegarn chantait Bruxelles ma belle, la ville où Maguy Ikulu, née en 1992, trouvera refuge avec sa famille. Elle la prononce à la française, Brucselles, bien qu’elle n’ait jamais vécu en France. « À la maison, on parlait uniquement en swahili. C’est ma mère qui m’a appris le français. Allez savoir pourquoi, elle a toujours dit Brucselles. » Quatre ans de paix dans une famille aisée, dont les revenus sont assurés par le père, chef de clinique. Da...

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