{"id":357,"date":"2020-06-21T12:54:22","date_gmt":"2020-06-21T10:54:22","guid":{"rendered":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/news\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/"},"modified":"2023-11-10T12:54:22","modified_gmt":"2023-11-10T11:54:22","slug":"tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/","title":{"rendered":"Tom Van Grieken&nbsp;: \u00ab&#8239;Notre horizon, c\u2019est 2024&#8239;\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Durant la pand\u00e9mie, l\u2019extr\u00eame droite s\u00e9paratiste continue d\u2019avancer ses pions. Juste avant le confinement, un sondage donnait le Vlaams Belang \u00e0 27,3&nbsp;% des intentions de vote, d\u00e9sormais loin devant la N-VA (20,7&nbsp;%). Une remont\u00e9e franchement inattendue pour un parti laiss\u00e9 pour mort en 2014, quand un jeune publicitaire du nom de Tom Van Grieken l\u2019a repris en main. D\u2019habiles et provocantes campagnes de marketing en ligne plus tard, voil\u00e0 le Vlaams Belang en position de force, malgr\u00e9 le cordon sanitaire, et Tom Van Grieken de r\u00e9clamer sa place sur le podium politique. C\u2019est compter sans la crise multiforme qui ne fait que commencer, et qui pourrait tout aussi bien perturber les plans de l\u2019extr\u00eame droite qu\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la r\u00e9alisation de ses desseins.<\/p>\n<p>A la mi-mars, la Belgique avait d\u00e9j\u00e0 la t\u00eate ailleurs. L\u2019\u00e9pid\u00e9mie enflait, le virus se r\u00e9pandait, invisible, et la mort guettait, \u00e0 l\u2019aff\u00fbt. Qui avait encore le loisir d\u2019analyser en d\u00e9tail les perdants et les gagnants des derniers soubresauts politiques&#8239;? Qui donc pour scruter l\u2019\u00e9tat du champ de bataille? On n\u2019avait plus la t\u00eate \u00e0 \u00e7a. Pourtant, la vie continuait, le combat politique se poursuivait. Une r\u00e9volution se pr\u00e9parait \u2014&nbsp;une r\u00e9volution conservatrice, identitaire \u2014&nbsp;et ses t\u00eates pensantes \u00e9taient en train d\u2019avancer leurs pions, \u00e0 d\u00e9faut de pouvoir d\u00e9j\u00e0 gagner la partie. \u00c0 la mi-mars, donc, un sondage a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 ce qui \u00e9tait encore impensable il y a douze mois&nbsp;: la domination sans partage, en Flandre, de l\u2019extr\u00eame droite s\u00e9paratiste. Personne n\u2019y a pris garde. On n\u2019avait d\u00e9j\u00e0 plus la t\u00eate \u00e0 \u00e7a. Les donn\u00e9es du sondage n\u2019en \u00e9taient pas moins renversantes&nbsp;: le Vlaams Belang recueillait 27,3&nbsp;% des intentions de vote, loin d\u00e9sormais devant la N-VA (20,7&nbsp;%), et plus loin encore du CD&amp;V (11,7&nbsp;%). Le bloc ind\u00e9pendantiste flamand, droite et extr\u00eame droite m\u00eal\u00e9es, totaliserait \u00e0 pr\u00e9sent 48&nbsp;% des suffrages. Consid\u00e9r\u00e9 avec le recul, le r\u00e9sultat \u00e9lectoral de mai 2019 en para\u00eetrait presque soft, en d\u00e9pit de la trou\u00e9e fulgurante du Vlaams Belang qui avait alors atterr\u00e9 les observateurs&nbsp;: l\u2019extr\u00eame droite avait obtenu 18,7&nbsp;%. Elle avait n\u00e9anmoins \u00e9t\u00e9 maintenue \u00e0 distance par la N-VA de Bart De Wever (25,5&nbsp;%), et le CD&amp;V n\u2019\u00e9tait pas si loin derri\u00e8re (14,3&nbsp;%). En cette apr\u00e8s-midi de la mi-mars, la Belgique n\u2019est pas encore condamn\u00e9e au confinement. Le chacun-chez-soi ordonn\u00e9 par la Premi\u00e8re ministre Sophie Wilm\u00e8s, ce sera pour dans quelques heures. M\u00eame si on sent bien que la consigne de r\u00e9clusion est imminente, la herse n\u2019est pas encore tomb\u00e9e. Autour de la place Madou, \u00e0 Bruxelles, les snacks turcs, les boutiques de fringues, les bureaux de l\u2019administration restent ouverts. La \u00ab&#8239;petite ceinture&#8239;\u00bb est satur\u00e9e de bruit et de trafic automobile, comme toujours. En surplomb de la station de m\u00e9tro, au quatri\u00e8me \u00e9tage d\u2019un immeuble tr\u00e8s gris, on bosse. On r\u00e9pond au t\u00e9l\u00e9phone, on ouvre du courrier, on d\u00e9place des cartons remplis de mat\u00e9riel informatique. \u00ab&#8239;Notre quartier g\u00e9n\u00e9ral se trouve ici depuis trente-cinq ans. On a commenc\u00e9 par occuper un \u00e9tage. Maintenant, on en occupe sept. On grandit&#8239;\u00bb, glisse un employ\u00e9. Le si\u00e8ge du Vlaams Belang, premi\u00e8re force politique de Flandre \u00e0 en croire les intentions de vote, a toutes les apparences d\u2019une PME en plein essor. Sur les bureaux, la tasse de caf\u00e9, le Tupperware du midi et le r\u00e9glementaire d\u00e9sinfectant pour les mains. Dans un coin de la pi\u00e8ce, un \u00e9cran relaie les images des cam\u00e9ras plac\u00e9es dans la cage d\u2019escalier et \u00e0 la sortie de l\u2019ascenseur, prudence oblige. Une femme un peu forte en chemisier blanc, deux hommes aux cr\u00e2nes ras\u00e9s (par calvitie plut\u00f4t que par radicalit\u00e9 politique, \u00e0 premi\u00e8re vue) s\u2019activent \u00e0 cet \u00e9tage. Ils empaquettent \u00e0 la cha\u00eene des exemplaires du dernier livre du pr\u00e9sident, Tom Van Grieken&nbsp;: <em>En nu is het aan ons<\/em> (\u00abEt maintenant, c\u2019est \u00e0 nous\u00bb). Les commandes affluent. Faut suivre. Trois \u00e9tages plus haut, c\u2019est une autre musique. Le niveau pr\u00e9sidentiel. De jeunes hommes au regard sombre et au dynamisme pr\u00e9cis, cravat\u00e9s comme pour un mariage, supervisent des kyrielles d\u2019\u00e9crans. Une femme \u00e0 la blondeur spectaculaire, tailleur boutonn\u00e9, hauts talons, glisse d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de l\u2019open space. Le dresscode rappelle une \u00e9poque o\u00f9 les hommes s\u2019habillaient en hommes, les femmes en femmes, sans flou, sans intersection entre les deux gammes. Au milieu de l\u2019effervescence, Tom Van Grieken arbore le look du d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 commercial, chemise blanche aux manches retrouss\u00e9es, entrouverte sur un torse velu. De la fen\u00eatre qui donne sur la place Madou, Bruxelles appara\u00eet en miniature comme dans les jeux vid\u00e9o de gestion urbaine&nbsp;: la ville est \u00e0 lui. Il se d\u00e9place dans la pi\u00e8ce qui abrite son bureau avec une sensualit\u00e9 chaloup\u00e9e, une ind\u00e9termination adolescente, presque androgyne. Se montre volubile. Au mur, il a lui-m\u00eame peint un lion stylis\u00e9, dans des tons sable et ocre. Il se d\u00e9finit volontiers comme un \u00abcr\u00e9atif\u00bb. Le dessin, les arts visuels sont son dada. Sur une armoire, il saisit un jeu de poup\u00e9es russes. La plus grande, seule visible de prime abord, repr\u00e9sente une femme avec un fichu sur la t\u00eate. \u00c0 chaque poup\u00e9e ouverte, le voile devient de plus en plus couvrant, jusqu\u2019\u00e0 la burqa int\u00e9grale de la derni\u00e8re poup\u00e9e. \u00ab&#8239;C\u2019est moi qui ai con\u00e7u ces matriochkas. Un jour, je vais les utiliser dans un d\u00e9bat t\u00e9l\u00e9.&#8239;\u00bb Enrober, Van Grieken sait faire. Dipl\u00f4m\u00e9 en communication de la haute-\u00e9cole Plantin, \u00e0 Anvers, il a travaill\u00e9 dans la publicit\u00e9 avant que la politique ne devienne son full time job. Il n\u2019avait que 27 ans en juin 2014, lorsqu\u2019il a acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sidence du Vlaams Belang, dans un contexte morose&nbsp;: affaibli par une s\u00e9rie de d\u00e9faites cuisantes, le parti semblait condamn\u00e9 \u00e0 la marginalit\u00e9, \u00e0 l\u2019insignifiance. On d\u00e9crivait Van Grieken comme un enfant-soldat qu\u2019on envoyait se faire mitrailler au front, pour une mission d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. \u00ab&#8239;Je lui ai dit qu\u2019il \u00e9tait idiot d\u2019avoir accept\u00e9 ce poste. \u00c0 ce moment-l\u00e0, le parti avait d\u00e9j\u00e0 les deux pieds dans la tombe\u00bb, r\u00e9v\u00e9lera en 2019, dans le journal <em>De Standaard<\/em>, le d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en Tom Vandendriessche, son plus proche conseiller. Face \u00e0 l\u2019urgence, Tom Van Grieken devient expert en change management. Il s\u2019entoure d\u2019un staff de jeunes volontaires, dont beaucoup n\u2019ont m\u00eame pas 30 ans. Avec l\u2019\u00e9nergie du d\u00e9sespoir, rompus aux ficelles du marketing num\u00e9rique, ils s\u2019emploient \u00e0 sauver le parti de la noyade en le modernisant \u00e0 toute vitesse. Van Grieken a le contact facile, le sourire avenant. Des r\u00e9f\u00e9rences&nbsp;: r\u00e9guli\u00e8rement, il va fleurir la tombe de Karel Dillen, le p\u00e8re fondateur du Vlaams Blok, traducteur au d\u00e9but des ann\u00e9es 1950 de Nuremberg ou la terre promise, un livre n\u00e9gationniste qui d\u00e9crit les camps de concentration comme une fabrication des Alli\u00e9s. Un background&nbsp;: il a suivi l\u2019\u00e9colage rapproch\u00e9 de Filip Dewinter aussi bien que de Gerolf Annemans, les deux leaders historiques du Vlaams Belang, l\u2019un dans sa facette la plus sauvagement radicale, l\u2019autre un chou\u00efa plus pr\u00e9sentable. <em>\u00ab&#8239;T\u00f6mmchen&#8239;\u00bb<\/em> (son pseudo sur les forums en ligne) a aussi particip\u00e9 aux actions les plus obsc\u00e8nes. Quand il militait au NSV, le cercle des \u00e9tudiants nationalistes, il a jet\u00e9 avec quelques camarades des rouleaux de papier toilette \u00e0 des demandeurs d\u2019asile qui occupaient les locaux de l\u2019universit\u00e9 d\u2019Anvers. \u00ab&#8239;Ils veulent des papiers? En voil\u00e0!&#8239;\u00bb Ses bagarres \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition avec des \u00e9tudiants de gauche lui ont valu plusieurs arrestations administratives. Une fois au moins, il a fini en cellule. D\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sidence, il a clarifi\u00e9 la ligne&nbsp;: on ne change rien au programme, mais on lisse le style et, surtout, on cesse toute provocation, toute proximit\u00e9 affich\u00e9e avec des groupuscules ill\u00e9gaux ou des \u00e9l\u00e9ments violents. Lorsque Filip Dewinter rend visite en Gr\u00e8ce \u00e0 des dirigeants d\u2019Aube dor\u00e9e, une organisation n\u00e9onazie, Van Grieken le morig\u00e8ne en bureau de parti. La col\u00e8re du jeune pr\u00e9sident accro\u00eet son cr\u00e9dit. Plus personne ne sortira du rang. Jusqu\u2019\u00e0 la victoire finale, le dimanche 26 mai 2019. Ce soir d\u2019euphorie, les militants ont spontan\u00e9ment scand\u00e9 le slogan de toujours&nbsp;: <em>Eigen volk eerst! Eigen volk eerst!<\/em> (\u00abNotre peuple d\u2019abord!\u00bb). Le succ\u00e8s dans les urnes a permis l\u2019\u00e9lection de dix-huit d\u00e9put\u00e9s f\u00e9d\u00e9raux et de vingt-trois d\u00e9put\u00e9s flamands. De nouveaux visages, souvent jeunes, parmi lesquels le m\u00e9diatique Dries Van Langenhove, 26 ans, leader de la milice d\u2019ultradroite Schild en Vrienden. Dans une interview au quotidien <em>De Morgen<\/em>, au journaliste Jo\u00ebl De Ceulaer qui lui demandait si un individu issu de l\u2019immigration, n\u00e9 en Flandre, pouvait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme Flamand \u00e0 part enti\u00e8re, Van Langenhove a eu cette r\u00e9ponse nette&nbsp;: \u00ab&#8239;Un chat qui est n\u00e9 dans un magasin de poissons n\u2019est pas pour autant un poisson.&#8239;\u00bb<\/p>\n<p>Anversois (comme Hugo Schiltz, Karel Dillen, Filip Dewinter, Bart De Wever, Jan Jambon et tant d\u2019autres figures de l\u2019ind\u00e9pendantisme flamand), Tom Van Grieken r\u00eave \u00e0 pr\u00e9sent d\u2019une h\u00e9g\u00e9monie conquise \u00e0 la faveur d\u2019une crise sanitaire sans pr\u00e9c\u00e9dent, dont les r\u00e9pliques sociales et \u00e9conomiques s\u2019annoncent ravageuses. Mais les victoires promises ne sont pas toujours offertes. Le virus qui se r\u00e9pand pourrait tout aussi bien perturber les plans de l\u2019extr\u00eame droite qu\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la r\u00e9alisation de ses desseins. Dans ce climat d\u2019incertitude, Tom Van Grieken \u00e9tale sa force. En n\u00e9erlandais. \u00ab&#8239;Je ne ma\u00eetrise pas assez le fran\u00e7ais pour m\u2019exprimer comme je le voudrais, m\u00eame si je le comprends assez bien. En tout cas, ce n\u2019est aucunement un geste politique de refuser de parler votre langue. J\u2019aime le fran\u00e7ais, c\u2019est d\u2019ailleurs Marine Le Pen qui a pr\u00e9fac\u00e9 mon premier livre.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Malgr\u00e9 une nette progression \u00e9lectorale en <\/strong><strong>mai 2019, suivie de sept semaines de n\u00e9gociation <\/strong><strong>avec la N-VA, vous n\u2019avez pas r\u00e9ussi \u00e0 vous rendre <\/strong><strong>incontournable. Une d\u00e9faite politique?<\/strong><br \/>\nNotre horizon, c\u2019est 2024, l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 auront lieu les prochaines \u00e9lections en Flandre. En 2024, nous devrons \u00eatre en mesure d\u2019exercer le pouvoir. D\u2019ici l\u00e0, nous devons nous restructurer en interne afin de d\u00e9velopper cette capacit\u00e9-l\u00e0. Ce chantier, il est d\u00e9connect\u00e9 de ce qui va se passer au f\u00e9d\u00e9ral dans les semaines et les mois \u00e0 venir. Peu importe ce qu\u2019il adviendra du gouvernement de Sophie Wilm\u00e8s. Le fond du<br \/>\nprobl\u00e8me reste le m\u00eame, et il est tr\u00e8s simple&nbsp;: ce pays comporte deux parties, et chacune vote pour une vision propre, la Wallonie \u00e0 gauche et la Flandre \u00e0 droite.<\/p>\n<p><strong>Votre propos correspond au discours <\/strong><strong>de Bart De Wever, le pr\u00e9sident de la N-VA, <\/strong><strong>sur la coexistence en Belgique de \u00ab&#8239;deux <\/strong><strong>d\u00e9mocraties\u00bb. L\u2019analyse est pourtant discutable&nbsp;: <\/strong><strong>le PTB est bien plus implant\u00e9 \u00e0 Anvers qu\u2019\u00e0 <\/strong><strong>Namur&#8239;; la gauche \u00e9cologiste est beaucoup <\/strong><strong>plus pr\u00e9sente \u00e0 Gand et Louvain que dans le <\/strong><strong>Luxembourg&#8239;; le mot d\u2019ordre syndical de gr\u00e8ve <\/strong><strong>g\u00e9n\u00e9rale, \u00e0 l\u2019automne 2014, a \u00e9t\u00e9 bien mieux suivi dans le Limbourg que dans le Brabant wallon.<\/strong><br \/>\nIl n\u2019emp\u00eache, le parlement wallon est domin\u00e9 par la gauche, alors que celle-ci est tr\u00e8s minoritaire au parlement flamand. La Wallonie a le droit de voter \u00e0 gauche et d\u2019obtenir une direction politique qui corresponde \u00e0 son vote, sauf que c\u2019est nous, Flamands, qui payons ensuite les factures de cette politique-l\u00e0. La solution serait donc de rouvrir le dossier communautaire et d\u2019aller vers une nouvelle r\u00e9forme de l\u2019\u00c9tat. Mais le PS n\u2019en veut absolument pas, et le MR encore moins. Du point de vue flamand, ce n\u2019est pas acceptable. Il n\u2019y a donc que deux options. Option 1&nbsp;: vous reconnaissez la r\u00e9alit\u00e9, l\u2019existence de deux peuples distincts qui veulent aller dans des directions diff\u00e9rentes, et on met alors les institutions en conformit\u00e9 avec cette r\u00e9alit\u00e9. Option 2&nbsp;: vous consid\u00e9rez que nous sommes tous des Belges, et alors on demande l\u2019avis de tout le monde, on refait des \u00e9lections, en demandant aux gens \u2014&nbsp;et en particulier aux Flamands \u2014&nbsp;quel avenir ils veulent pour ce pays.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong> Votre conception des deux d\u00e9mocraties, elle <\/strong><strong>correspondrait donc, trait pour trait, \u00e0 ce que dit <\/strong><strong>Bart De Wever?<\/strong><br \/>\nOu \u00e0 ce que disent la moiti\u00e9 des Flamands. Il n\u2019est pas n\u00e9cessaire d\u2019aimer la Belgique, ou de ne pas l\u2019aimer, pour comprendre que ce pays vit non seulement une crise politique doubl\u00e9e d\u2019une crise sanitaire, mais aussi une crise de syst\u00e8me. Il n\u2019y a plus de ressemblances culturelles, plus de ressemblances politiques, entre n\u00e9erlandophones et francophones. C\u2019est une crise structurelle, une crise syst\u00e9mique\u2026 Dans ce pays, les citoyens du Sud doivent bien comprendre que les citoyens du Nord n\u2019arr\u00eatent pas de demander, depuis plus de trois d\u00e9cennies, une gestion plus \u00e0 droite et plus flamande. Rappelez-vous, la figure politique dominante des ann\u00e9es 1990, c\u2019\u00e9tait le social-chr\u00e9tien Jean-Luc Dehaene. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1990, Guy Verhofstadt est arriv\u00e9 au pouvoir, port\u00e9 par la promesse de mener une politique plus \u00e0 droite et plus flamande que Dehaene. De fa\u00e7on d\u00e9sesp\u00e9rante, Verhofstadt a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par le syst\u00e8me belge. L\u2019\u00e9lecteur flamand a alors imprim\u00e9 une pouss\u00e9e conservatrice. Yves Leterme est devenu le nouveau leader&nbsp;: plus \u00e0 droite et plus flamand que Verhofstadt. Leterme a \u00e9t\u00e9 sabot\u00e9 par le syst\u00e8me belge. S\u2019en est suivie une pouss\u00e9e \u00e9lectorale encore plus conservatrice. Ce fut la victoire de la N-VA, avec Bart De Wever comme nouvelle star&nbsp;: plus \u00e0 droite et plus flamand que Leterme. Mais, \u00e0 nouveau, le syst\u00e8me belge a bloqu\u00e9 De Wever. Si bien que, maintenant, il n\u2019y a plus personne au sommet de l\u2019\u00c9tat pour repr\u00e9senter les Flamands. On arrive \u00e0 la fin de la partie. La n\u00e9gociation finale.<\/p>\n<p><strong>Cette derni\u00e8re phase doit-elle mener selon <\/strong><strong>vous \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance de la Flandre?<\/strong><br \/>\nOui, ce sera \u00e7a. Par trois fois, l\u2019\u00e9lecteur flamand a donn\u00e9 un signal tr\u00e8s clair qu\u2019il voulait une direction plus \u00e0 droite et plus flamande&nbsp;: Verhofstadt, Leterme, De Wever. Par trois fois, l\u2019\u00e9lecteur flamand a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement ni\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Vous venez vous-m\u00eame d\u2019une famille de <\/strong><strong>militants nationalistes?<\/strong><br \/>\nNon. J\u2019ai trouv\u00e9 ma propre voie en grandissant \u00e0 Anvers, dans un quartier et une \u00e9cole multiculturels. J\u2019ai vu que la multiculturalit\u00e9 avait des effets positifs, mais aussi beaucoup d\u2019effets n\u00e9gatifs. Les professeurs nous disaient que, dans une soci\u00e9t\u00e9 multiculturelle, chacun pouvait conserver sa propre culture, mais que si on \u00e9tait de culture flamande, d\u2019identit\u00e9 flamande, cela m\u00e9ritait aussi d\u2019\u00eatre valoris\u00e9. J\u2019ai alors commenc\u00e9 \u00e0 me d\u00e9finir en tant que Flamand qui a des probl\u00e8mes avec la soci\u00e9t\u00e9 multiculturelle. Ma m\u00e8re \u00e9tait fleuriste, mon p\u00e8re policier. On ne parlait jamais de politique \u00e0 la maison. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 15 ans que je me suis moi-m\u00eame engag\u00e9. Savez-vous quelle \u00e9tait la fonction de mon p\u00e8re&#8239;? Commissaire \u00e0 la Brigade de surveillance et de recherche (BSR) de la gendarmerie. Il devait surveiller l\u2019extr\u00eame droite et l\u2019extr\u00eame gauche. Les premiers dossiers de la police f\u00e9d\u00e9rale \u00e0 mon sujet ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9s par mon propre p\u00e8re. J\u2019ai moi-m\u00eame pu voir des fiches o\u00f9 \u00e9tait consign\u00e9e ma participation \u00e0 certaines actions\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p>La N-VA, le Vlaams Belang, et auparavant la Volksunie, c\u2019est comme une grande famille qui s\u2019est fragment\u00e9e<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>Dans quelle mesure vous <\/strong><strong>rattachez-vous au nationalisme <\/strong><strong>flamand, canal historique?<\/strong><br \/>\nCe que je peux vous dire, c\u2019est qu\u2019il y a une diff\u00e9rence fondamentale entre le Vlaams Blok et la N-VA&nbsp;: nous, nous ne sommes pas des <em>centennationalisten<\/em>, des nationalistes pour l\u2019argent. Pour nous, deux principes priment. Un&nbsp;: le peuple flamand, c\u2019est une r\u00e9alit\u00e9 \u00e9vidente, et il a droit \u00e0 son \u00c9tat. Quand bien m\u00eame nous serions moins riches que la Wallonie, \u00e7a ne changerait en rien ma conviction&nbsp;: chaque peuple a droit \u00e0 son propre \u00c9tat, sa propre nation. Bien s\u00fbr, c\u2019est un avantage appr\u00e9ciable, amusant m\u00eame, une sorte de bonus, de pouvoir traduire cette revendication en termes \u00e9conomiques. Il y a beaucoup d\u2019argent qui va chaque ann\u00e9e de la poche des Flamands vers la Wallonie. Quand on dit \u00e7a, c\u2019est tout de suite plus facile de vendre l\u2019id\u00e9e de d\u00e9possession identitaire. Cependant, ce n\u2019est qu\u2019un \u00e9l\u00e9ment secondaire dans le projet du Vlaams Belang, ce n\u2019est pas l\u2019\u00e9l\u00e9ment central.<\/p>\n<p><strong>Cet \u00e9l\u00e9ment que vous dites secondaire, on <\/strong><strong>le retrouve massivement dans la propagande <\/strong><strong>du Vlaams Belang. On ne compte plus les <\/strong><strong>vid\u00e9os qui d\u00e9nigrent les Wallons comme <\/strong><strong>vivant aux crochets des Flamands. La s\u00e9curit\u00e9 sociale belge est pourtant organis\u00e9e sur une base interpersonnelle et non interr\u00e9gionale. <\/strong><strong>Ce syst\u00e8me de solidarit\u00e9 met en relation des <\/strong><strong>riches et des pauvres, des jeunes et des vieux, <\/strong><strong>des malades et des bien-portants, peu importe <\/strong><strong>qu\u2019ils soient francophones ou n\u00e9erlandophones.<\/strong><br \/>\nVous ne pourrez jamais nier que les mesures sociales contenues dans le programme du Vlaams Belang seraient bien plus faciles \u00e0 r\u00e9aliser, et \u00e0 financer, si la Flandre \u00e9tait ind\u00e9pendante. La Flandre a toujours rempli ses obligations budg\u00e9taires, mais la Wallonie et Bruxelles, non. Pourtant, la dette de l\u2019\u00c9tat belge est support\u00e9e par tout le monde \u2014&nbsp;Flamands, Wallons et Bruxellois. C\u2019est un peu comme si nous \u00e9tions un couple, et que vous alliez faire des achats avec ma carte de cr\u00e9dit en d\u00e9pensant plus que ce que vous gagnez. La premi\u00e8re fois, je dis&nbsp;: allez, c\u2019est bon. La deuxi\u00e8me fois, \u00e7a passe encore. Mais chaque ann\u00e9e&#8239;! Les francophones font des d\u00e9penses syst\u00e9matiquement sup\u00e9rieures \u00e0 leurs rentr\u00e9es, et nous, nous sommes juste bons \u00e0 \u00e9ponger les factures. Aucune relation ne tient \u00e0 ce r\u00e9gime-l\u00e0. Mais ce discours \u00e9conomique, bien que j\u2019y adh\u00e8re, c\u2019est surtout le discours de la N-VA. Je ne veux pas trop entrer dans ce registre-l\u00e0. Ce n\u2019est pas mon drive.<\/p>\n<p><strong>Plusieurs voix n\u00e9erlandophones <\/strong><strong>mettent en garde&nbsp;: si la Flandre riche <\/strong><strong>rompt avec la Wallonie pauvre, <\/strong><strong>seront-ce demain les quartiers <\/strong><strong>d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s d\u2019Anvers, ou le Limbourg <\/strong><strong>moins ais\u00e9, qui seront abandonn\u00e9s?<\/strong><br \/>\nC\u2019est bien pour cette raison que moi, je ne rentre pas trop dans les arguments \u00e9conomiques. L\u2019argument fondamental en faveur de l\u2019ind\u00e9pendance, c\u2019est qu\u2019il existe un peuple flamand, diff\u00e9rent du peuple wallon. Les lib\u00e9raux ne croient que dans les individus. Les socialistes ne croient que dans les travailleurs et les capitalistes. Les nationalistes comme moi croient dans l\u2019existence des peuples. Ce sont des pr\u00e9suppos\u00e9s id\u00e9ologiques, des questions de croyance. Je crois qu\u2019un \u00c9tat est pour un peuple ce qu\u2019une maison est pour un couple. Mais si le couple est en d\u00e9saccord sur l\u2019immigration, sur l\u2019\u00e9conomie, et qu\u2019en plus les partenaires ne souhaitent pas vraiment vivre ensemble, alors l\u2019union est intenable.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9t\u00e9 2019 a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par un <\/strong><strong>fait politique in\u00e9dit. Pour la premi\u00e8re <\/strong><strong>fois, votre parti a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 des n\u00e9gociations <\/strong><strong>en vue de la formation du gouvernement flamand. <\/strong><strong>\u00c9taient-ce de vraies n\u00e9gociations?<\/strong><br \/>\nOui, absolument.<\/p>\n<p><strong>On peut aussi penser qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un <\/strong><strong>show, d\u2019une man\u0153uvre de Bart De Wever, <\/strong><strong>qui n\u2019avait au fond qu\u2019une envie&nbsp;: voir ces <\/strong><strong>n\u00e9gociations capoter, et prouver de la sorte <\/strong><strong>que le Vlaams Belang est un parti incapable du <\/strong><strong>moindre compromis.<br \/>\n<\/strong>Je crois que Bart De Wever \u00e9tait correct. Parfois, on me demande&nbsp;: la N-VA n\u2019\u00e9tait-elle pas divis\u00e9e? Oui, en effet, il y avait clairement deux camps \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la N-VA. Le premier camp voulait qu\u2019on travaille ensemble. Le deuxi\u00e8me camp voulait aussi qu\u2019on travaille ensemble. Les motivations \u00e9taient en revanche diff\u00e9rentes. Le camp A voulait un accord avec le Vlaams Belang pour rendre enfin possible une gestion de droite pro-flamande, sans les partis traditionnels. Le camp B voulait nous mouiller pour nous faire \u00e9chouer, prouver que le Vlaams Belang est un parti d\u2019incomp\u00e9tents, et se d\u00e9barrasser de nous pour toujours. Mais il n\u2019y avait aucune frange de la N-VA qui refusait de gouverner avec nous.<\/p>\n<p><strong>Comment pouvez-vous en \u00eatre s\u00fbr&#8239;?<\/strong><br \/>\nLa confiance. N\u2019oubliez jamais que les militants de base, et parfois m\u00eame les conseillers, les collaborateurs des deux partis, se connaissent tr\u00e8s bien. La N-VA, le Vlaams Belang, et auparavant la Volksunie, c\u2019est comme une grande famille qui s\u2019est fragment\u00e9e. M\u00eame \u00e9loign\u00e9s, les membres de la famille se connaissent, ils continuent de se voir. Et puis, certaines personnes qui \u00e9taient avec moi aux \u00e9tudes travaillent maintenant dans des cabinets N-VA. Mais plus on monte dans la hi\u00e9rarchie des deux partis, moins il y a de contacts.<\/p>\n<p><strong>Qui \u00e9taient, d\u2019apr\u00e8s vous, les leaders de la <\/strong><strong>N-VA qui appartenaient au camp A et au camp B?<\/strong><br \/>\nCe n\u2019est pas \u00e0 moi \u00e0 faire des d\u00e9clarations sur l\u2019interne de la N-VA. Ce que je peux dire, c\u2019est que la N-VA veut se rendre incontournable. Et pour se rendre incontournable, elle doit arriver au stade o\u00f9 ses voix, cumul\u00e9es aux n\u00f4tres, totaliseront 50&nbsp;% de l\u2019\u00e9lectorat flamand. La N-VA aura alors toutes les options ouvertes. Elle aura le choix&nbsp;: soit une majorit\u00e9 de droite nationaliste avec nous, soit une autre majorit\u00e9 avec les partis traditionnels. Theo Francken, du reste, l\u2019a exprim\u00e9 lui-m\u00eame, mais je ne suis pas s\u00fbr que tout le monde ait bien \u00e9cout\u00e9 ses d\u00e9clarations&nbsp;: \u00ab&#8239;\u00c0 partir du moment o\u00f9 nous aurons ensemble plus de 50&nbsp;% des voix, alors la N-VA aura toutes les cartes en main.&#8239;\u00bb Il l\u2019a dit texto.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi, en fin de compte, les n\u00e9gociations <\/strong><strong>avec la N-VA ont-elles \u00e9chou\u00e9?<\/strong><br \/>\n\u00c0 deux, nous n\u2019avions pas la majorit\u00e9, et il n\u2019y avait pas de troisi\u00e8me parti pr\u00eat \u00e0 monter \u00e0 bord. Dommage. C\u2019est pourquoi nous devons progresser encore en 2024, et devenir le plus grand parti de Flandre, devant la N-VA. Comme \u00e7a, il n\u2019y aura plus besoin de troisi\u00e8me parti. En mai 2019, les deux partis nationalistes ont obtenu ensemble 44&nbsp;% des voix, et 47&nbsp;% des si\u00e8ges au parlement flamand. Encore un dernier effort!<\/p>\n<p><strong>Si un jour vous devez acc\u00e9der au pouvoir, ce sera forc\u00e9ment avec la N-VA&#8239;?<\/strong><br \/>\nD\u2019apr\u00e8s une \u00e9tude de l\u2019universit\u00e9 de Gand d\u00e9voil\u00e9e en septembre 2016, plus de la moiti\u00e9 des affili\u00e9s de l\u2019Open VLD feraient volontiers sauter le cordon sanitaire. Cette proportion atteindrait presque 50&nbsp;% au CD&amp;V. Mais il en va autrement au sommet de ces partis. Quand je discute avec des conseillers communaux, des bourgmestres lib\u00e9raux ou chr\u00e9tiens-d\u00e9mocrates, ils per\u00e7oivent le cordon sanitaire comme quelque chose d\u2019impos\u00e9 d\u2019en haut, sans qu\u2019ils en voient le sens. D\u2019ailleurs, apr\u00e8s les \u00e9lections communales de 2018, les deux communes \u2014&nbsp;et je ne les citerai pas \u2014&nbsp;o\u00f9 nous avons n\u00e9goci\u00e9 le plus longtemps en vue de former une majorit\u00e9, c\u2019\u00e9tait avec des bourgmestres CD&amp;V, pas N-VA.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le 9 novembre 2004, la Cour de cassation a condamn\u00e9 pour racisme et x\u00e9nophobie plusieurs associations satellites du Vlaams Blok. Cette d\u00e9cision faisait suite \u00e0 l\u2019arr\u00eat rendu en avril 2004 par la cour d\u2019appel de Gand, sanctionnant \u00ab&#8239;l\u2019image haineuse des \u00e9trangers&#8239;\u00bb colport\u00e9e par le parti. L\u2019\u00e9v\u00e9nement a contraint le Vlaams Blok \u00e0 se dissoudre pour donner naissance au Vlaams Belang. Tout en gardant le m\u00eame pr\u00e9sident d\u2019honneur&nbsp;: Karel Dillen. Simple changement d\u2019\u00e9tiquette&#8239;?<\/strong><br \/>\nJ\u2019ai \u00e9t\u00e9 membre du Vlaams Blok pendant un an seulement, je connais mal ce qui en \u00e9tait l\u2019ADN. Cela dit, les points cardinaux restent les m\u00eames&nbsp;: ind\u00e9pendance de la Flandre, gestion plus stricte de la migration, tol\u00e9rance z\u00e9ro pour la criminalit\u00e9. Les formes ont pu \u00e9voluer, surtout ces derni\u00e8res ann\u00e9es, mais l\u2019horizon n\u2019a pas chang\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Dans une interview r\u00e9cente au magazine \u00ab&#8239;Humo&#8239;\u00bb, vous avez d\u00e9clar\u00e9 avoir longtemps \u00e9t\u00e9 le \u00abVlaams Belanger pr\u00e9sentable, celui avec qui on peut \u00eatre vu en public\u00bb. \u00ab&#8239;Mon image a heureusement d\u00e9teint sur l\u2019ensemble du parti&#8239;\u00bb, ajoutiez-vous. Sur quelle base pouvez-vous affirmer que l\u2019image du Vlaams Belang s\u2019est \u00e0 ce point normalis\u00e9e&#8239;?<\/strong><br \/>\nDisons que c\u2019est un processus en marche. Jusqu\u2019il y a peu, quand ils voyaient des repr\u00e9sentants du Vlaams Belang, de nombreuses personnes avaient une r\u00e9action de rejet. J\u2019ai pu faire \u00e9voluer cette situation peu \u00e0 peu, par le fait que j\u2019ai un style diff\u00e9rent. Les gens se sont mis \u00e0 dire&nbsp;: le Vlaams Belang, ce n\u2019est pas mon truc, mais Tom Van Grieken, je le trouve int\u00e9ressant. J\u2019ai coutume de dire que le Vlaams Belang doit affronter trois sortes de cordons&nbsp;: le cordon sanitaire, le cordon m\u00e9diatique et le cordon social. Avant, nous pensions que si nous arrivions \u00e0 rompre le cordon sanitaire, nous recevrions automatiquement plus d\u2019attention m\u00e9diatique, et gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019attention m\u00e9diatique accrue, nous subirions moins la stigmatisation sociale dans les immeubles, les quartiers, les entreprises. Mais que se passe-t-il maintenant&#8239;? En intensifiant notre pr\u00e9sence sur les r\u00e9seaux sociaux en 2018 et 2019, nous avons r\u00e9ussi \u00e0 briser le cordon social. Le Vlaams Belang arrivait directement sur votre t\u00e9l\u00e9phone. Votre voisin, votre patron, votre oncle se sont mis \u00e0 partager des publications du Vlaams Belang. Les gens ont re\u00e7u sur Facebook des messages avec lesquels ils \u00e9taient d\u2019accord, et ce n\u2019est que dans un second temps qu\u2019ils se rendaient compte que ces messages venaient du Vlaams Belang. Gr\u00e2ce aux r\u00e9seaux sociaux, le cordon social a donc presque disparu. Un demi-million de personnes osent \u00e0 pr\u00e9sent dire au monde ext\u00e9rieur \u00ab&#8239;je suis Vlaams Belanger&#8239;\u00bb. C\u2019est \u00e9norme. Et si on a bris\u00e9 le cordon social, on va forc\u00e9ment briser le cordon m\u00e9diatique. Si les gens n\u2019arr\u00eatent pas de parler de ce que propose le Vlaams Belang, alors les m\u00e9dias devront bien suivre. L\u2019\u00e9tape suivante, en 2024, ce sera de casser le cordon sanitaire.<\/p>\n<p><strong>Comment expliquez-vous la faiblesse de l\u2019extr\u00eame droite en Belgique francophone&#8239;?<\/strong><br \/>\nC\u2019est incompr\u00e9hensible. Des sondages indiquent que Marine Le Pen pourrait rallier jusqu\u2019\u00e0 30&nbsp;% des Wallons, mais aucun parti ne parvient \u00e0 d\u00e9passer les 10&nbsp;%. Comment l\u2019expliquer&#8239;? J\u2019ai ma petite id\u00e9e. Le cordon social en Wallonie est encore bien plus dur qu\u2019en Flandre. On peut exclure des gens du syndicat, virer des fonctionnaires de leur emploi s\u2019ils manifestent des sympathies jug\u00e9es trop \u00e0 droite. C\u2019est le plus grand probl\u00e8me. La Wallonie est la derni\u00e8re r\u00e9publique populaire d\u2019Europe&nbsp;: on s\u2019y adonne \u00e0 la d\u00e9lation, \u00e0 l\u2019exclusion sociale sur ordre de l\u2019appareil d\u2019\u00c9tat, comme dans l\u2019ex-RDA. Avec, en plus, une t\u00e9l\u00e9vision publique qui \u00e9carte toute parole divergente. Si Vladimir Poutine faisait pareil, Amnesty International publierait un rapport.<\/p>\n<p><strong>Souscrivez-vous aux excuses de Bart De Wever qui, le 7 mai 2015, devant des repr\u00e9sentants de la communaut\u00e9 juive d\u2019Anvers, a qualifi\u00e9 de \u00ab&#8239;faute terrible&#8239;\u00bb la collaboration du nationalisme flamand avec les nazis&#8239;?<\/strong><br \/>\nC\u2019est trop facile de dire \u00e7a. Trop facile de parler en 2015 de quelque chose qui s\u2019est pass\u00e9 septante-cinq ans plus t\u00f4t. La collaboration n\u2019a pas fait du bien au Mouvement flamand, absolument pas. Mais la r\u00e9pression n\u2019a pas non plus fait du bien \u00e0 la Belgique.<\/p>\n<p><strong>Mettez-vous sur le m\u00eame plan la collaboration avec le nazisme et la r\u00e9pression des collaborateurs \u00e0 la Lib\u00e9ration?<\/strong><br \/>\nLes deux sont des pages noires de notre histoire. L\u2019histoire est l\u2019histoire et on ne pourra de toute fa\u00e7on rien changer au pass\u00e9. Je suis n\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980&#8239;; il n\u2019y a pas un seul collaborateur dans ma famille.<\/p>\n<p><strong>Filip Dewinter, l\u2019un des leaders du Vlaams Blok depuis les ann\u00e9es 1980, connu pour ses outrances, partisan de la ligne la plus dure <\/strong><strong>sur les questions migratoires, vous a d\u2019abord consid\u00e9r\u00e9 comme son fils spirituel. Par la suite, quand vous avez pris la pr\u00e9sidence du parti, il vous a durement combattu&nbsp;: il estimait que vous \u00e9dulcoriez \u00e0 l\u2019exc\u00e8s l\u2019image du Vlaams Belang. Dans quelle mesure \u00eates-vous son h\u00e9riter&#8239;?<\/strong><br \/>\nIl n\u2019y a pas de diff\u00e9rence id\u00e9ologique entre lui et moi. Sur le plan du contenu, nous sommes un bloc homog\u00e8ne.<\/p>\n<p><strong>Referiez-vous la campagne de 1991, avec ces affiches montrant une paire de gants de boxe accompagn\u00e9e du slogan \u00ab&#8239;Par autod\u00e9fense&#8239;\u00bb&#8239;?<\/strong><br \/>\nPour \u00eatre sinc\u00e8re, je trouve que cette campagne fut l\u2019une des meilleures jamais con\u00e7ues par notre parti. Mais les formules \u00e0 succ\u00e8s du pass\u00e9 ne sont plus les formules \u00e0 succ\u00e8s de nos jours.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Malines a longtemps \u00e9t\u00e9 la ville flamande o\u00f9 le Vlaams Blok \u00e9tait le mieux implant\u00e9&nbsp;: 31,2&nbsp;% des voix aux \u00e9lections de 2004. Il ne reste \u00e0 pr\u00e9sent presque rien de cette h\u00e9g\u00e9monie pass\u00e9e. Avec 13&nbsp;% en mai 2019, vous n\u2019\u00eates plus que le quatri\u00e8me parti \u00e0 Malines, derri\u00e8re la N-VA, l\u2019Open VLD et Groen. Le lib\u00e9ral Bart Somers, bourgmestre de la ville depuis 2001, a-t-il trouv\u00e9 la formule pour vous faire perdre&#8239;?<\/strong><\/p>\n<p>Savez-vous ce qu\u2019il a fait? Il a massivement attir\u00e9 les jeunes couples blancs \u00e9duqu\u00e9s \u00e0 double revenu. Il a blanchi la ville, litt\u00e9ralement. Le centre historique de Malines est devenu impayable, aussi bien pour les immigr\u00e9s que pour les travailleurs flamands. Les seuls qui peuvent encore y habiter, ce sont les bobos qui gagnent confortablement leur vie et qui sont fiers de leurs id\u00e9es lib\u00e9rales de gauche. L\u2019autre formule de Somers, c\u2019est qu\u2019il a combattu d\u2019une mani\u00e8re impitoyable la criminalit\u00e9. Et quand je dis impitoyable, c\u2019est impitoyable! Je ne connais pas un seul dirigeant politique flamand qui a aussi durement mobilis\u00e9 la police que lui. Tol\u00e9rance z\u00e9ro, politique d\u2019urbanisme et de logement favorable aux Blancs des classes ais\u00e9es, je ne sais pas si c\u2019est le cocktail dont r\u00eave la gauche. Ce qui est vrai, par contre, c\u2019est que Bart Somers est aujourd\u2019hui, id\u00e9ologiquement, mon plus grand adversaire en Flandre. Parce que je ne crois plus dans le clivage gauche-droite, ou conservateurs-progressistes. La coupure, d\u00e9sormais, elle s\u00e9pare les globalistes et les nationalistes. Le vrai combat est l\u00e0! Le camp des globalistes, c\u2019est l\u2019alliance du <em>bakfiets<\/em> vert et de la Tesla bleue, exactement comme \u00e0 Malines, o\u00f9 Somers s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 aux \u00e9lections communales en cartel avec Groen. Et en face, il y a un groupe de gens tr\u00e8s importants&nbsp;: ce sont les victimes de la mondialisation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Durant la pand\u00e9mie, l\u2019extr\u00eame droite s\u00e9paratiste continue d\u2019avancer ses pions. Juste avant le confinement, un sondage donnait le Vlaams Belang \u00e0 27,3&nbsp;% des intentions de vote, d\u00e9sormais loin devant la N-VA (20,7&nbsp;%). Une remont\u00e9e franchement inattendue pour un parti laiss\u00e9 pour mort en 2014, quand un jeune publicitaire du nom de Tom Van Grieken l\u2019a [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":358,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[5,9],"tags":[280,505,261,504,311],"auteur":[],"class_list":["post-357","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-interview","category-politique","tag-extreme-droite","tag-nationalisme-flamand","tag-politique","tag-tom-van-grieken","tag-vlaams-belang"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v28.6 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Tom Van Grieken: \u00ab Notre horizon, c\u2019est 2024 \u00bb - Wilfried<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/articles\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Tom Van Grieken: \u00ab Notre horizon, c\u2019est 2024 \u00bb - Wilfried\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Durant la pand\u00e9mie, l\u2019extr\u00eame droite s\u00e9paratiste continue d\u2019avancer ses pions. Juste avant le confinement, un sondage donnait le Vlaams Belang \u00e0 27,3&nbsp;% des intentions de vote, d\u00e9sormais loin devant la N-VA (20,7&nbsp;%). Une remont\u00e9e franchement inattendue pour un parti laiss\u00e9 pour mort en 2014, quand un jeune publicitaire du nom de Tom Van Grieken l\u2019a [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/articles\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Wilfried\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2020-06-21T10:54:22+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2023-11-10T11:54:22+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/tom-van-grieken-22-e1699617178160.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1629\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"1482\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"CamilleVanvyve\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"CamilleVanvyve\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"25 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/articles\\\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/articles\\\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"CamilleVanvyve\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/0bc46e677def0579bba7e3ca28c88285\"},\"headline\":\"Tom Van Grieken&nbsp;: \u00ab&#8239;Notre horizon, c\u2019est 2024&#8239;\u00bb\",\"datePublished\":\"2020-06-21T10:54:22+00:00\",\"dateModified\":\"2023-11-10T11:54:22+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/articles\\\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\\\/\"},\"wordCount\":5301,\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/articles\\\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/09\\\/tom-van-grieken-22-e1699617178160.jpg\",\"keywords\":[\"Extr\u00eame-droite\",\"Nationalisme flamand\",\"politique\",\"Tom Van Grieken\",\"Vlaams Belang\"],\"articleSection\":[\"Interview\",\"Politique\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/articles\\\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/articles\\\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\\\/\",\"name\":\"Tom Van Grieken: \u00ab Notre horizon, c\u2019est 2024 \u00bb - Wilfried\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/articles\\\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\\\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/articles\\\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/09\\\/tom-van-grieken-22-e1699617178160.jpg\",\"datePublished\":\"2020-06-21T10:54:22+00:00\",\"dateModified\":\"2023-11-10T11:54:22+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/0bc46e677def0579bba7e3ca28c88285\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/articles\\\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/articles\\\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\\\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/articles\\\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\\\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/09\\\/tom-van-grieken-22-e1699617178160.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/09\\\/tom-van-grieken-22-e1699617178160.jpg\",\"width\":1629,\"height\":1482},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/articles\\\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Tom Van Grieken: \u00ab Notre horizon, c\u2019est 2024 \u00bb\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/\",\"name\":\"Wilfried\",\"description\":\"Le magazine qui raconte la Belgique\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kd6-37.dev\\\/client\\\/wilfried\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/0bc46e677def0579bba7e3ca28c88285\",\"name\":\"CamilleVanvyve\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/9d3c210555712d5ba5dd50d5e69014f3b5756b6c0f53d705995a7c337f907f16?s=96&d=mm&r=g\",\"url\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/9d3c210555712d5ba5dd50d5e69014f3b5756b6c0f53d705995a7c337f907f16?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/9d3c210555712d5ba5dd50d5e69014f3b5756b6c0f53d705995a7c337f907f16?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"CamilleVanvyve\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Tom Van Grieken: \u00ab Notre horizon, c\u2019est 2024 \u00bb - Wilfried","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/articles\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Tom Van Grieken: \u00ab Notre horizon, c\u2019est 2024 \u00bb - Wilfried","og_description":"Durant la pand\u00e9mie, l\u2019extr\u00eame droite s\u00e9paratiste continue d\u2019avancer ses pions. Juste avant le confinement, un sondage donnait le Vlaams Belang \u00e0 27,3&nbsp;% des intentions de vote, d\u00e9sormais loin devant la N-VA (20,7&nbsp;%). Une remont\u00e9e franchement inattendue pour un parti laiss\u00e9 pour mort en 2014, quand un jeune publicitaire du nom de Tom Van Grieken l\u2019a [&hellip;]","og_url":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/articles\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/","og_site_name":"Wilfried","article_published_time":"2020-06-21T10:54:22+00:00","article_modified_time":"2023-11-10T11:54:22+00:00","og_image":[{"width":1629,"height":1482,"url":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/tom-van-grieken-22-e1699617178160.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"CamilleVanvyve","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"CamilleVanvyve","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"25 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/articles\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/articles\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/"},"author":{"name":"CamilleVanvyve","@id":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/#\/schema\/person\/0bc46e677def0579bba7e3ca28c88285"},"headline":"Tom Van Grieken&nbsp;: \u00ab&#8239;Notre horizon, c\u2019est 2024&#8239;\u00bb","datePublished":"2020-06-21T10:54:22+00:00","dateModified":"2023-11-10T11:54:22+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/articles\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/"},"wordCount":5301,"image":{"@id":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/articles\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/tom-van-grieken-22-e1699617178160.jpg","keywords":["Extr\u00eame-droite","Nationalisme flamand","politique","Tom Van Grieken","Vlaams Belang"],"articleSection":["Interview","Politique"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/articles\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/","url":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/articles\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/","name":"Tom Van Grieken: \u00ab Notre horizon, c\u2019est 2024 \u00bb - Wilfried","isPartOf":{"@id":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/articles\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/articles\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/tom-van-grieken-22-e1699617178160.jpg","datePublished":"2020-06-21T10:54:22+00:00","dateModified":"2023-11-10T11:54:22+00:00","author":{"@id":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/#\/schema\/person\/0bc46e677def0579bba7e3ca28c88285"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/articles\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/articles\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/articles\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/#primaryimage","url":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/tom-van-grieken-22-e1699617178160.jpg","contentUrl":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/tom-van-grieken-22-e1699617178160.jpg","width":1629,"height":1482},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/articles\/tom-van-grieken-notre-horizon-cest-2024-2\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Tom Van Grieken: \u00ab Notre horizon, c\u2019est 2024 \u00bb"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/#website","url":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/","name":"Wilfried","description":"Le magazine qui raconte la Belgique","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/#\/schema\/person\/0bc46e677def0579bba7e3ca28c88285","name":"CamilleVanvyve","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/9d3c210555712d5ba5dd50d5e69014f3b5756b6c0f53d705995a7c337f907f16?s=96&d=mm&r=g","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/9d3c210555712d5ba5dd50d5e69014f3b5756b6c0f53d705995a7c337f907f16?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/9d3c210555712d5ba5dd50d5e69014f3b5756b6c0f53d705995a7c337f907f16?s=96&d=mm&r=g","caption":"CamilleVanvyve"}}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/357","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=357"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/357\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5213,"href":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/357\/revisions\/5213"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-json\/wp\/v2\/media\/358"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=357"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=357"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=357"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=357"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}