{"id":103,"date":"2020-01-01T17:30:07","date_gmt":"2020-01-01T16:30:07","guid":{"rendered":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/news\/carlo-di-antonio-laine-des-six\/"},"modified":"2023-12-04T18:20:20","modified_gmt":"2023-12-04T17:20:20","slug":"carlo-di-antonio-laine-des-six","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/kd6-37.dev\/client\/wilfried\/carlo-di-antonio-laine-des-six\/","title":{"rendered":"Carlo Di Antonio, l&rsquo;a\u00een\u00e9 des six"},"content":{"rendered":"<div class=\"page\" title=\"Page 2\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Fondateur du c\u00e9l\u00e8bre festival de Dour et propri\u00e9taire immobilier en pleine expansion, Carlo Di Antonio poss\u00e8de la moiti\u00e9 de la commune, ses petits fr\u00e8res et s\u0153urs le reste. Son itin\u00e9raire de self-made-man, champion d\u2019athl\u00e9tisme, fils de mineur des Abruzzes devenu ministre et millionnaire \u00e0 la force des bras, suscite l\u2019admiration et sert d\u2019exemple \u00e0 la fratrie. Alors pourquoi diable la popularit\u00e9 du bourgmestre horticulteur est-elle en train de s\u2019effondrer&#8239;? Balade au Borinage, dans le <em>Little Italy<\/em> des charbonnages et les vieux bars enfum\u00e9s.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 2\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\"><span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">Carlo Di Antonio est en pe\u0301riode de jache\u0300re me\u0301diatique. <\/span><span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">Il ne re\u0301pondra pas a\u0300 nos questions. Ce n\u2019est rien. Il suffit de se promener a\u0300 Dour, la ville qu\u2019il a inscrite en capitales sur la carte du monde avec son festival pharaonique, pour avoir l\u2019impression constante d\u2019e\u0302tre aux co\u0302te\u0301s de Carlo Di Antonio. De sentir son souffle, son pouls, de marcher sur ses pas, de voir son ombre se dessiner sur <\/span><span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">les fac\u0327ades. Le bar ou\u0300 travaille l\u2019une de ses s\u0153urs, par exemple. La socie\u0301te\u0301 de l\u2019un de ses fre\u0300res. L\u2019immeuble a\u0300 appartements en construction, dont il est le proprie\u0301taire. <\/span><span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">La friterie tenue par une autre de ses s\u0153urs. La maison communale qu\u2019il dirige. La Maison du Peuple ou\u0300 se re\u0301unissent ses adversaires politiques, dans un esprit de re\u0301sistance face au premier des six <\/span><span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">Di Antonio. Et bien su\u0302r cette immense plaine he\u0301risse\u0301e d\u2019e\u0301oliennes, ou\u0300 se massent chaque anne\u0301e, au c\u0153ur de juillet, pre\u0300s de trois cent mille festivaliers venus de toute l\u2019Europe.\u00a0<\/span><\/div>\n<div class=\"column\">\n<div class=\"page\" title=\"Page 2\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Les affaires de Carlo Di Antonio vont bien. Sa popularite\u0301 un peu moins. Lors du me\u0301gascrutin de mai 2019, le de\u0301pute\u0301 a perdu son sie\u0300ge au parlement wallon. Quasiment trois mille e\u0301lecteurs de moins qu\u2019en 2014, anne\u0301e ou\u0300 il avait approche\u0301 les sept mille voix. Homme a\u0300 moitie\u0301 dissous en me\u0302me temps que son parti, le CDH. En octobre 2018, a\u0300 l\u2019issue du scrutin communal cette fois, le bourgmestre sortant,<br \/>\n\u00ab&#8239;empe\u0302che\u0301&#8239;\u00bb car par ailleurs ministre wallon des Transports et de plein d\u2019autres choses, devait de\u0301ja\u0300 se re\u0301soudre a\u0300 l\u2019invraisemblable&nbsp;: il n\u2019e\u0301tait pas le premier. Lui, l\u2019enfant des Hauts-Pays, le roi de Dour, le millionnaire, recueillait pre\u0300s de 250 voix de pre\u0301fe\u0301rence de moins que le leader de l\u2019opposition, le socialiste Joris Durigneux, arrive\u0301 en politique en 2012. Un marathonien battu par un sprinteur. Ge\u0302nant. Outrecuidant. Curieux, aussi. Certes, il conservait sa place de bourgmestre, mais tout de me\u0302me&nbsp;: quand on tient Dour par le cuir de son portefeuille, quand Dour ne vous re\u0301siste plus depuis longtemps, quand on est Dour, Dour ne peut murmurer le nom d\u2019un autre, si&#8239;? <span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">Lutgen a\u0300 Bastogne, Magnette a\u0300 Charleroi, Javaux a\u0300 Amay, Galant a\u0300 Jurbise&nbsp;: toujours premiers en 2018, tous \u2014&nbsp;et de tre\u0300s loin. Alors pourquoi plus lui&#8239;?<\/span><\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 2\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Se promener pour comprendre, donc. Une ide\u0301e saugrenue, par ce ciel sans gaiete\u0301, par ce vent qui mouille jusqu\u2019aux os. Le chef de\u0301corateur du film qui de\u0301file sous nos yeux, entre la gare de Mons et le centre de Dour, est d\u2019humeur exe\u0301crable, lui aussi. Sur le bord des routes, il a place\u0301 des cine\u0301mas a\u0300 l\u2019abandon et des librairies de quartier qui s\u2019empoussie\u0300rent, sinon remplace\u0301es par des night-shops. De vieilles enseignes de confiseries ou d\u2019imprimeries qui ont vu passer un sie\u0300cle. Des centres de bien-e\u0302tre a\u0300 la devanture mauve ou rose bonbon qui poussent comme des champignons hallucinoge\u0300nes. Des maisons d\u2019ouvrier qui se serrent les flancs en pre\u0301vision de l\u2019hiver. Partout des briques rouges. Un \u00ab&#8239;coworking space&#8239;\u00bb, a\u0300 co\u0302te\u0301 d\u2019un Ladbrokes et d\u2019un Aldi. Des bars dont le format des enseignes a e\u0301te\u0301 uniformise\u0301 par Jupiler. Et les friteries, ces innombrables friteries qui n\u2019ont jamais connu la crise&#8239;; ultime rempart contre ceux qui pre\u0301tendent que tout fout le camp.<\/p>\n<p>Pre\u0301cise\u0301ment, il est donc question de friterie et de bar chez les s\u0153urs Di Antonio. Dour a quelque part des airs du Little Italy des films de Scorsese, le banditisme en moins. Gina, 52 ans, l\u2019ante\u0301pe\u0301nultie\u0300me de la famille, est la patronne de La Tiote Fringale, \u00ab&#8239;la petite fringale&#8239;\u00bb en picard. L\u2019enseigne de Sonia, 51 ans, la pe\u0301nultie\u0300me, n\u2019est pas estampille\u0301e Jupiler. Pas encore. On connai\u0302t cette odeur, celle du tabac exhale\u0301e par les pores des tentures. On connai\u0302t cette fac\u0327on qu\u2019ils ont tous de vous de\u0301visager, parce qu\u2019on ne vous avait jamais vu ici. On connai\u0302t cette formule de politesse qui consiste a\u0300 serrer la main a\u0300 tous les clients quand on pousse la porte, me\u0302me la vo\u0302tre, celle de l\u2019e\u0301tranger. C\u2019est l\u2019heure du premier ape\u0301ro de la journe\u0301e. Sonia tient la caisse, sert les pintes, alourdit les ardoises d\u2019un trait de stylo sur une feuille a\u0300 carreaux, et fourrage dans ses souvenirs pour re\u0301pondre a\u0300 nos <span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">questions. Une image pre\u0301cise du petit Carlo lui revient&nbsp;: arc-boute\u0301 sur son bureau, en train d\u2019e\u0301tudier sous une lampe de chevet. \u00ab&#8239;<em>Quand on rentrait de l\u2019e\u0301cole, il montait tout de suite dans sa chambre pour faire ses devoirs, descendait a\u0300 l\u2019heure du repas et remontait juste apre\u0300s<\/em>&#8239;\u00bb, se\u0301quence-t-elle. Si vous vouliez le co\u0302toyer vraiment, le <em>maggiore della famiglia<\/em>, il fallait courir, courir longtemps, sur la piste ou <\/span><span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">dans les bois. Ce a\u0300 quoi Sonia s\u2019est e\u0301chine\u0301e avec passion, jusqu\u2019a\u0300 ce qu\u2019une de\u0301chirure a\u0300 la jambe l\u2019e\u0301loigne des entrai\u0302nements. \u00ab&#8239;<em>Dans les compe\u0301titions d\u2019athle\u0301tisme, Carlo e\u0301tait souvent le premier des garc\u0327ons, moi la premie\u0300re des filles. Notre pe\u0300re e\u0301tait fier.<\/em>&#8239;\u00bb Le futur bourgmestre de Dour obtiendra un titre de champion de Belgique universitaire <\/span><span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">sur cinq mille me\u0300tres et une qualif pour les championnats du monde universitaires de cross-country et de dix mille me\u0300tres. Il faudra qu\u2019il devienne ministre, des anne\u0301es plus tard, pour qu\u2019il consente a\u0300 ralentir la cadence des entrai\u0302nements.<\/span><\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 3\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Les me\u0301dailles glane\u0301es par ses enfants faisaient briller ses yeux tristes, au pe\u0300re. Il avait quitte\u0301 son village des Abruzzes, dans le centre-est de l\u2019Italie, a\u0300 dix kilome\u0300tres du <em>paese<\/em> des parents d\u2019Elio Di Rupo, pour trouver du travail dans les charbonnages du Borinage, comme tant d\u2019autres e\u0301migre\u0301s de la pe\u0301ninsule. Sa sante\u0301 a rapidement flanche\u0301. Carlo ne garde de son pe\u0300re que l\u2019image d\u2019une silhouette qui se trai\u0302ne a\u0300 l\u2019ho\u0302pital, e\u0301puise\u0301e par des ope\u0301rations a\u0300 re\u0301pe\u0301tition. La me\u0300re, Yvonne, originaire de Quie\u0301vrain, tenait la casa. Les trois garc\u0327ons dans une chambre, les trois filles dans l\u2019autre. Une enfance sans rien, dira Carlo apre\u0300s coup&#8239;; me\u0302me pas le sentiment d\u2019e\u0302tre malheureux.<\/p>\n<p>Dour lui appartiendra, mais il n\u2019appartiendra jamais a\u0300 Dour. L\u2019ai\u0302ne\u0301 de cette fratrie a\u0300 l\u2019e\u0301troit e\u0301tend les frontie\u0300res mentales de ses cadets en partant voyager, seul, loin, chaque anne\u0301e. Un sac sur le dos, les poches presque vides. Il rame\u0300ne a\u0300 la maison des images de Bosnie, du Japon, de Jamai\u0308que, de Mongolie, ces e\u0301tranges contre\u0301es qui ne ressemblent en rien aux Hauts-Pays. \u00ab&#8239;<em>J\u2019ai toujours e\u0301te\u0301 e\u0301blouie par ce qu\u2019il fait, notamment ses voyages, qu\u2019il vit avec beaucoup de simplicite\u0301<\/em>&#8239;\u00bb, confie Gina, qui habite un cha\u0302teau rachete\u0301 par Carlo. \u00ab&#8239;<em>C\u2019est un mode\u0300le d\u2019intelligence et de ge\u0301ne\u0301rosite\u0301 pour nous tous. Il est tre\u0300s humain, tre\u0300s attentif a\u0300 sa famille, il veille a\u0300 se rendre disponible de\u0300s que c\u2019est ne\u0301cessaire, me\u0302me s\u2019il peut parai\u0302tre froid et en retrait. C\u2019est juste une manie\u0300re d\u2019e\u0302tre.<\/em>&#8239;\u00bb Un grand fre\u0300re bon comme le pain, avec cette part d\u2019ombre qui traverse parfois son regard tre\u0300s bleu sur sa gueule de faux <em>bad boy<\/em>, sous son front juste assez large pour accueillir toutes ses ide\u0301es, tous ses tourments.<\/p>\n<p>Deux pa\u0302te\u0301s de maisons plus loin, c\u2019est la rue Grande. La <em>Main Street<\/em>. Exage\u0300re-t-on en affirmant que le peu d\u2019activite\u0301 encore visible sur cette arte\u0300re pre\u0301sume\u0301e commerc\u0327ante, c\u2019est a\u0300 Carlo Di Antonio qu\u2019on la doit&#8239;? On passe devant un immeuble a\u0300 appartements en construction&nbsp;: c\u2019est le sien. D\u2019ailleurs il de\u0301tonne, son building en cre\u0301pi blanc, deux fois plus haut que tous les autres e\u0301difices de la rue \u2014&nbsp;dont le sie\u0300ge local de la FGTB attenant. On passe devant une socie\u0301te\u0301 de titres-services&nbsp;: c\u2019est la sienne. Un ba\u0302timent qui abrite une sandwicherie&nbsp;: c\u2019est encore le sien, etc. Le bourgmestre estime posse\u0301der une quarantaine de proprie\u0301te\u0301s, toutes a\u0300 Dour, via une poigne\u0301e de socie\u0301te\u0301s actives dans l\u2019immobilier, l\u2019horeca, le sport et l\u2019e\u0301conomie sociale. Certaines d\u2019entre elles sont ainsi appele\u0301es a\u0300 participer au renouveau de la rue Grande, pour transformer cette dernie\u0300re en e\u0301picentre du commerce vintage. <span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">\u00ab&#8239;<em>A\u0300 chaque fois, la commune a accueilli ces projets avec soulagement, affirmait Carlo Di Antonio au Vif\/L\u2019Express en 2017. Elle voit un truc qui va se re\u0301nover, et comme en ge\u0301ne\u0301ral on essaie de faire des belles choses, correctement&#8230;<\/em>&#8239;\u00bb Depuis 2011, c\u2019est son ami Damien Dufrasne, administrateur-de\u0301le\u0301gue\u0301 du festival de Dour, ancien e\u0301chevin du Logement, qui assure la gestion des socie\u0301te\u0301s de Carlo Di Antonio. L\u2019amitie\u0301 a ceci de pratique qu\u2019elle fluidifie les interactions entre la politique et les affaires.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"column\">\n<p>Tiens, voila\u0300 un commerce qui semble e\u0301chapper au cercle d\u2019influence du bourgmestre&nbsp;: la bijouterie d\u2019Alain Miraux. Mirage. Le bijoutier est l\u2019un des trois administrateurs du festival.<\/p>\n<p>La rue Grande de\u0301bouche, a\u0300 gauche, sur la rue du Marche\u0301. Au carrefour de l\u2019une et de l\u2019autre se tient le cafe\u0301 le Bob\u2019Art, un jeu de mots cocasse qui contient le surnom du fre\u0300re de Carlo, Roberto \u00ab&#8239;Bob&#8239;\u00bb Di Antonio. Deuxie\u0300me membre le plus actif de la fratrie apre\u0300s Carlo, mais troisie\u0300me dans l\u2019ordre de naissance, Bob, 54 ans, s\u2019occupe lui aussi d\u2019immobilier et d\u2019horeca, ainsi que d\u2019exploitation de sablie\u0300res et de marbrie\u0300res, le tout a\u0300 travers sa socie\u0301te\u0301, Mar\u2019Bob (ici, he\u0301las, le jeu de mots nous e\u0301chappe). Le sie\u0300ge de cette socie\u0301te\u0301, dont Carlo de\u0301tient une <span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">part, est aussi la maison de Bob, situe\u0301e au bout d\u2019un sentier agricole sans issue, a\u0300 sept kilome\u0300tres au sud de Dour&#8239;; au bout du jardin de cette maison coule le ruisseau du Pont Vineret&#8239;; de l\u2019autre co\u0302te\u0301 de ce ruisseau, c\u2019est la France.<br \/>\n<\/span><span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">Bob n\u2019e\u0301tait connu d\u2019aucun me\u0301dia, Bob vivait peinard dans l\u2019ombre de Carlo, jusqu\u2019a\u0300 ce qu\u2019e\u0301clate une affaire de conflit d\u2019inte\u0301re\u0302ts pre\u0301sume\u0301. En 2014, Carlo Di Antonio, alors ministre wallon de l\u2019Ame\u0301nagement du territoire et de plein d\u2019autres choses, expropriait partiellement trois parcelles de\u0301tenues par Mar\u2019Bob afin d\u2019y construire une route de contournement de Dour, gra\u0302ce a\u0300 quoi les trois parcelles en question seraient de\u0301senclave\u0301es. L\u2019affaire est re\u0301ve\u0301le\u0301e en 2016 par<em> L\u2019Avenir.<\/em> Comme le re\u0301sumera <em>Le Vif\/L\u2019Express<\/em> l\u2019anne\u0301e suivante, \u00ab&#8239;Carlo <\/span><span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">Di Antonio expropriait un peu Carlo Di Antonio, et de\u0301senclavait trois des biens de Carlo Di Antonio.&#8239;\u00bb Le ministre-pre\u0301sident Paul Magnette e\u0301voquera une \u00ab&#8239;maladresse&#8239;\u00bb. La routine ou l\u2019exception&#8239;?<\/span><\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 4\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>On se rend au bout du sentier agricole sans issue, on longe un moment le ruisseau du Pont Vineret&#8239;; on pourle\u0300che la France. Porte close chez le second Di Antonio, qui est aussi l\u2019un des trois administrateurs du festival de Dour. Bob est au Pe\u0301rou pour plusieurs <span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">semaines. On tentera de le joindre via WhatsApp a\u0300 multiples reprises, en vain.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"column\">\n<p>Carlo, Bob, Gina, Sonia. Plus que deux cases a\u0300 remplir. Il y a Fabrizio, le pui\u0302ne\u0301. On ne sait a\u0300 peu pre\u0300s rien de lui, sinon qu\u2019il est le seul de la fratrie a\u0300 avoir e\u0301lu domicile en dehors du pe\u0301rime\u0300tre d\u2019activite\u0301s des Di Antonio&nbsp;: il vit a\u0300 Beauraing. La benjamine, Rosa, est de Blaugies, un bourg sous l\u2019e\u0301gide de Dour.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 2\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<div class=\"page\" title=\"Page 2\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<div class=\"page\" title=\"Page 2\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<div class=\"page\" title=\"Page 3\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<div class=\"page\" title=\"Page 4\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>La rue du Marche\u0301 enlace l\u2019e\u0301glise Saint-Victor, puis se jette aux pieds de la maison communale. C\u2019est donc la\u0300 que Carlo Di Antonio, 57 ans, bu\u0302che a\u0300 nouveau sous sa lampe de chevet. C\u2019est de la\u0300 qu\u2019il administre comme de juste les dix-sept mille habitants de Dour, apre\u0300s huit ans de ministe\u0300re a\u0300 Namur. Le retour du roi. Conseiller communal en 1994, Carlo Di Antonio avait ravi l\u2019e\u0301charpe mai\u0308orale aux socialistes en 2006, sous l\u2019e\u0301tiquette \u00ab&#8239;Dourenouveau&#8239;\u00bb (encore un bon jeu de mots), en humiliant ses rivaux au classement des voix de pre\u0301fe\u0301rence. Dour devenait la seule commune du Borinage a\u0300 e\u0301chapper au PS. Une effronterie, dans cette re\u0301gion qui a vu nai\u0302tre la charte du Parti ouvrier belge, a\u0300 Quaregnon, en 1894&#8239;; qui a vu les cine\u0301astes <span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">Henri Storck et Joris Ivens tourner <em>Mise\u0300re au Borinage<\/em> pour capter <\/span><span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">la pauvrete\u0301 des ouvriers de la houille. Soudain cette terre de luttes sociales et de revendications prole\u0301tariennes se choisissait pour chef un organisateur de festival rock. Un <em>entrepreneur<\/em>. Oui, mais qui sait d\u2019ou\u0300 il vient. Qui sait d\u2019ou\u0300 son pe\u0300re sortait tous les soirs, sans avoir vu la lumie\u0300re du jour.<\/span><\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 5\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>E\u0301lu au parlement wallon en 2009, Carlo Di Antonio investit un premier ministe\u0300re, celui de l\u2019Agriculture et des Travaux publics, que lui confie Benoi\u0302t Lutgen, appele\u0301 a\u0300 pre\u0301sider le CDH. Certains croient alors assister a\u0300 l\u2019e\u0301mergence d\u2019un futur Di Rupo. Les me\u0302mes origines, la me\u0302me trajectoire, le me\u0302me diplo\u0302me de chimiste, mais pas le me\u0302me parti. En 2012, aux e\u0301lections communales, Carlo Di Antonio bat son record personnel (2 963 voix) et sa liste de\u0301croche la majorite\u0301 absolue. Les e\u0301lections re\u0301gionales de 2014 confirment son \u00ab&#8239;empe\u0302chement&#8239;\u00bb a\u0300 la maison communale, puisqu\u2019il devient ministre wallon de l\u2019Environnement, de l\u2019Ame\u0301nagement du territoire, de la Mobilite\u0301, des Transports, des Ae\u0301roports et du Bien-e\u0302tre animal. Un <em>line-up<\/em> a\u0300 rallonge, auquel on ajoutera la Transition e\u0301cologique, les Travaux publics et la Se\u0301curite\u0301 routie\u0300re apre\u0300s l\u2019e\u0301viction du PS de la majorite\u0301 wallonne en 2017. C\u0327a fait beaucoup pour un seul homme, fu\u0302t-il Carlo Di Antonio. Il vit, mange et dort a\u0300 Namur, il de\u0301serte Dour. Sa carrie\u0300re de ministre est e\u0301maille\u0301e de quelques faits d\u2019armes notables, des de\u0301boule\u0301s grandiloquents dans la presse, l\u2019un ou l\u2019autre coup de poignard dans le dos de ses adversaires. Toujours avec calme, comme si le monde politique e\u0301tait naturellement fourbe et qu\u2019il ne fallait pas s\u2019en affecter. Me\u0302me Brigitte Bardot, en le traitant de \u00ab&#8239;<em>beau de\u0301gueulasse<\/em>&#8239;\u00bb lorsqu\u2019il refuse le statut de refuge a\u0300 une association de protection des chevaux dont la star des sixties est la marraine, aura e\u0301choue\u0301 a\u0300 de\u0301stabiliser le ministre du Bien-e\u0302tre animal et de plein d\u2019autres choses. Be\u0302te politique a\u0300 sang tempe\u0301re\u0301, du genre loup solitaire. \u00ab&#8239;<em>Carlo s\u2019est construit relativement seul, mais il est capable de mobiliser une e\u0301quipe en faisant preuve d\u2019une grande cre\u0301ativite\u0301, d\u2019une e\u0301tonnante propension a\u0300 chercher un point de vue original<\/em>&#8239;\u00bb, analyse Pierre Carton, <span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">Premier e\u0301chevin apparente\u0301 MR et ami du bourgmestre. Tout de me\u0302me. Les responsabilite\u0301s, les horaires de forcene\u0301, c\u0327a e\u0301puise. \u00ab&#8239;<em>Sature\u0301<\/em>&#8239;\u00bb par son mandat, Carlo Di Antonio ba\u0302cle sa campagne e\u0301lectorale de 2018. Et se fait pie\u0301tiner par Joris Durigneux, la te\u0302te de liste PS. A\u0300 quoi bon voter pour quelqu\u2019un qui n\u2019est plus jamais la\u0300&#8239;?<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"column\">\n<p>Nous y sommes, chez Joris Durigneux, ne\u0301gociant en bie\u0300res et spiritueux depuis trente ans. Sa femme, Lucre\u0301zia dite \u00ab&#8239;Lulu&#8239;\u00bb, s\u2019assied aupre\u0300s de nous. A\u0300 force d\u2019approvisionner les cafe\u0301s et d\u2019assurer le service lors des festivite\u0301s locales, Joris Durigneux posse\u0300de un carnet d\u2019adresses e\u0301pais comme une mousse de Chimay. \u00ab&#8239;<em>C\u2019est sans doute gra\u0302ce a\u0300 mon co\u0302te\u0301 convivial que je suis devenu populaire dans cette commune<\/em>&#8239;\u00bb, estime-t-il. Tout le contraire de Carlo Di Antonio, a\u0300 en croire le couple, ce bourgmestre insondable qui n\u2019entre jamais dans les bars et ne laisse filtrer aucune e\u0301motion, aucune pense\u0301e particulie\u0300re. \u00ab&#8239;<em>Il est renferme\u0301 sur lui-me\u0302me<\/em>, insiste Joris Durigneux. <em>Il vous e\u0301coute la te\u0302te baisse\u0301e, les yeux rive\u0301s sur son te\u0301le\u0301phone&#8230;<\/em> <em>Les relations humaines, ce n\u2019est pas son fort<\/em>.&#8239;\u00bb Les dirigeants modernes sont ainsi&nbsp;: sur plusieurs interfaces a\u0300 la fois, un smartphone, une tablette, un e\u0302tre humain de chair et d\u2019os. \u00ab<em> Un jour, je suis alle\u0301e voir mon fre\u0300re a\u0300 un conseil communal, se souvient Gina Di Antonio. Un vieil homme s\u2019est mis a\u0300 lui poser une dizaine de questions. Pendant ce temps, Carlo chipotait sur son te\u0301le\u0301phone et son ordi, avec l\u2019air de<\/em> <em>ne rien e\u0301couter. Ensuite il a range\u0301 son te\u0301le\u0301phone, il a ferme\u0301 son ordi et<\/em> <em>il a re\u0301pondu a\u0300 toutes les questions, dans l\u2019ordre, tre\u0300s calmement, avec beaucoup d\u2019a\u0300-propos. Je n\u2019avais jamais vu c\u0327a.<\/em>&#8239;\u00bb<\/p>\n<p>On trempe un morceau de chocolat dans son cafe\u0301. \u00ab&#8239;<em>Si ce n\u2019e\u0301tait<\/em> <em>que c\u0327a<\/em>&#8239;\u00bb, soupire Joris Durigneux. \u00ab&#8239;<em>Carlo, c\u2019est aussi quelqu\u2019un de tre\u0300s calculateur, qui fait des petits coups en douce pour contrecarrer ses adversaires.<\/em>&#8239;\u00bb Peu apre\u0300s les e\u0301lections locales de 2012, Carlo Di Antonio a adresse\u0301 une plainte au ministre wallon des Pouvoirs locaux, Paul Furlan. Il y de\u0301nonc\u0327ait un possible conflit d\u2019inte\u0301re\u0302ts chez Joris Durigneux, nouveau conseiller communal, qui approvisionnait en alcools des ASBL paracommunales. \u00ab&#8239;<em>Venant du spe\u0301cialiste des conflits <\/em><span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\"><em>d\u2019inte\u0301re\u0302ts&#8230; un comble<\/em>&#8239;! s\u2019indigne le chef de file des socialistes a\u0300 Dour. <em>C\u2019e\u0301tait vraiment enfantin. Il avait peur de moi, il sentait que je pouvais le battre aux prochaines e\u0301lections. Il voulait me nuire. A\u0300 cause de c\u0327a, j\u2019ai du\u0302 rompre tous mes contrats avec les e\u0301coles.<\/em>&#8239;\u00bb L\u2019accuse\u0301 a garde\u0301 trace du dossier. On demande a\u0300 voir. \u00ab&#8239;<em>Dans une grosse farde, Lulu&#8230; Celle avec les papillons.<\/em>&#8239;\u00bb Parmi les documents&nbsp;: le courrier de Paul Furlan qui tranche en la faveur de Joris Durigneux, la plainte de Carlo Di Antonio e\u0301tant juge\u0301e infonde\u0301e. \u00ab&#8239;<em>Depuis, j\u2019ai re\u0301cupe\u0301re\u0301 certains contrats, mais <\/em><\/span><em style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align);\">pas tous.<\/em><span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">&#8239;\u00bb<\/span><\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 6\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>On mange quelques biscuits au beurre. \u00ab<em> Si ce n\u2019e\u0301tait que c\u0327a<\/em>&#8239;\u00bb, soupire encore Joris Durigneux. Il remonte le temps d\u2019un scrutin supple\u0301mentaire. En 2006, le PS est renvoye\u0301 dans l\u2019opposition, sauf l\u2019une des dix e\u0301lues socialistes, Isabelle Noe\u0308l, qui bascule brusquement dans le camp de l\u2019exe\u0301cutif et obtient la pre\u0301sidence du centre culturel. Ce jour-la\u0300, MR et PS de\u0301noncent l\u2019attitude de Carlo Di Antonio, qui aurait propose\u0301 un emploi a\u0300 Isabelle Noe\u0308l en e\u0301change d\u2019une volte-face, indispensable pour que la liste apparente\u0301e CDH obtienne la majorite\u0301. \u00ab<em> Carlo lui a rembourse\u0301 ses dettes et lui a paye\u0301 des vacances pour qu\u2019elle se fasse oublier apre\u0300s cet e\u0301pisode<\/em>, avance Lulu. <em>Sinon, elle aurait e\u0301te\u0301 massacre\u0301e par ses anciens amis du PS.<\/em>&#8239;\u00bb E\u0301c\u0153ure\u0301, Yvon Harmegnies, le bourgmestre sortant, s\u2019e\u0301tait dit \u00ab<em> entoure\u0301 de magouilleurs<\/em>&#8239;\u00bb.<\/p>\n<p>Depuis la maison communale, il faut marcher dix minutes a\u0300 travers un quartier re\u0301sidentiel pour atteindre la rue des Canadiens. A\u0300 droite, un entrepo\u0302t a\u0300 l\u2019abandon, de\u0301charne\u0301&#8239;; un tas de ferraille&#8239;; un bateau a\u0300 moteur qui prend la rouille sur le macadam, a\u0300 douze kilome\u0300tres au sud de la Haine. A\u0300 gauche, de l\u2019autre co\u0302te\u0301 de la route, au nume\u0301ro 100, un hangar a\u0300 l\u2019abri des regards, un bulldozer en activite\u0301 au sommet d\u2019une montagne de de\u0301bris. Des nuages lourds. Sur la fac\u0327ade de ce deuxie\u0300me entrepo\u0302t, un e\u0301criteau en forme de losange&nbsp;: \u00ab&#8239;Dour Festival. Made in Belgium with love&#8239;\u00bb. Le ba\u0302timent abrite notamment des bureaux qui servent de sie\u0300ge social a\u0300 une borde\u0301e d\u2019entreprises et d\u2019associations. Toutes ou presque sont aux mains de la famille Di Antonio et de ses proches. Toutes ou presque e\u0301taient subsidie\u0301es chaque anne\u0301e par Carlo a\u0300 l\u2019e\u0301poque ou\u0300 il e\u0301tait ministre de ceci, ministre de cela&#8239;; des coule\u0301es d\u2019argent public glissaient de Namur a\u0300 Dour. Les Lehman Brothers avaient leur sie\u0300ge dans la petite ville de Montgomery, Alabama, ou\u0300 ils vendaient des ve\u0302tements, puis du coton, du chemin de fer, etc. Les Di Antonio <em>fratelli<\/em> ont le leur dans la petite ville de Dour, Borinage, ou\u0300 ils vendent un festival, puis des bars, des immeubles, etc. A\u0300 l\u2019ouest, tout a\u0300 l\u2019ouest de la dorsale wallonne. Dans un de\u0301cor inanime\u0301. Comme Henry, le pe\u0300re fondateur de la ligne\u0301e, l\u2019ai\u0302ne\u0301 des trois Lehman, Carlo Di Antonio est parti de rien. Un self-made-man plus te\u0301me\u0301raire encore que le ce\u0301le\u0300bre e\u0301migre\u0301 allemand, pour s\u2019e\u0302tre lance\u0301 <em>apre\u0300s<\/em> la rue\u0301e vers l\u2019or, dans une ancienne cite\u0301 minie\u0300re ou\u0300 le cho\u0302mage touche 25&nbsp;% des habitants. L\u2019un des berceaux de la re\u0301volution industrielle fut aussi le premier tombeau des charbonnages belges. Un tombeau isole\u0301 des grandes villes, en sus, au contraire des bassins de Lie\u0300ge et de Charleroi. De quoi sont faits ces hommes qui s\u2019e\u0301crivent un destin envers et contre tout&#8239;? De bravoure et d\u2019abne\u0301gation, a\u0300 tout le moins. De foi aussi, mais peut-e\u0302tre pas en Dieu pour Carlo, lui dont la famille de\u0301clare\u0301e catholique n\u2019allait jamais a\u0300 la messe. La foi en soi, certainement. Apre\u0300s tout,<br \/>\nqui aurait mise\u0301 sur un diplo\u0302me d\u2019inge\u0301nieur chimiste et agricole de l\u2019UCL quand il est entre\u0301, a\u0300 douze ans, a\u0300 l\u2019E\u0301cole d\u2019horticulture de Mons dans l\u2019espoir de devenir jardinier&#8239;? Qui aurait mise\u0301 sur un contrat de chercheur a\u0300 l\u2019universite\u0301&#8239;?<\/p>\n<p>La premie\u0300re e\u0301dition du Dour Festival, lance\u0301e avec deux amis du coin, se tient en un jour, le 16 septembre 1989, a\u0300 l\u2019e\u0301poque ou\u0300 Carlo e\u0301coute TC Matic, Angelo Branduardi, La Muerte ou encore The Neon Judgement. Elle se de\u0301roule a\u0300 moins d\u2019un kilome\u0300tre de la rue des Canadiens, sur la plaine de la Machine a\u0300 Feu, au pied des terrils. A\u0300 l\u2019exact endroit ou\u0300 le pe\u0300re de Carlo e\u0301tait descendu dans la mine pour la premie\u0300re fois, la veille de ses seize ans. Sous un ciel maussade, <span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">quinze cents personnes voient se succe\u0301der huit groupes ou artistes \u00ab&#8239;pop rock francophone&#8239;\u00bb sur une seule sce\u0300ne. La te\u0302te d\u2019affiche s\u2019appelle Bernard Lavilliers, 1,2 million de francs belges le cachet \u2014&nbsp;plus de la moitie\u0301 du budget total de l\u2019e\u0301dition. Courrouce\u0301 par le repas qu\u2019on lui sert juste avant son concert, le chanteur franc\u0327ais exige un meilleur bout de viande, que les organisateurs ache\u0300tent in extremis chez le boucher du coin. Pendant ce temps, le pe\u0300re Di Antonio recouvre a\u0300 la ha\u0302te, avec de la paille, les flaques d\u2019eau qui minent la plaine pour sauver comme il peut le projet de\u0301raisonne\u0301 de son fils. <\/span><span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">\u00ab&#8239;<em>Pioggia sulla terra nera<\/em>&#8239;\u00bb, pluie sur la terre noire, chantait Angelo Branduardi. Bob, le petit fre\u0300re, la me\u0300re et les s\u0153urs pre\u0302tent main forte, eux aussi. La se\u0301curite\u0301 est bravement assure\u0301e par un club de judo. <\/span><span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">Une arme\u0301e de be\u0301ne\u0301voles comple\u0300te l\u2019organigramme. Rien n\u2019y fait&nbsp;: la bande a\u0300 Carlo encaisse une perte se\u0300che d\u2019un million de francs. Ce que le champion des longues distances avait amoncele\u0301 patiemment gra\u0302ce a\u0300 ses victoires en compe\u0301tition vient d\u2019e\u0302tre dilapide\u0301 en un jour.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">Apre\u0300s ce fiasco, les deux acolytes de Carlo quittent le radeau branlant. Seul reste le capitaine, qui emprunte en son nom 700 000 francs et convainc ses fournisseurs de transformer leurs cre\u0301ances en actions. Le coureur de fond se mue en coureur de fonds. Il est convaincu qu\u2019il y a une place a\u0300 prendre, dans cette Wallonie moribonde ou\u0300 les tentatives en la matie\u0300re sont trop rares et timore\u0301es. Oui, mais au fin fond du Borinage&#8239;? En rase campagne&#8239;? Et alors&#8239;? Woodstock, Roskilde, Glastonbury&nbsp;: trois rendez-vous plane\u0301taires qui sont ne\u0301s, eux aussi, a\u0300 la lisie\u0300re d\u2019un patelin. Dour n\u2019a qu\u2019a\u0300 suivre leur sillage.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 2\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<div class=\"page\" title=\"Page 2\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<div class=\"page\" title=\"Page 2\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<div class=\"page\" title=\"Page 3\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<div class=\"page\" title=\"Page 4\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<div class=\"page\" title=\"Page 5\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<div class=\"page\" title=\"Page 6\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<div class=\"page\" title=\"Page 6\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<blockquote>\n<div class=\"page\" title=\"Page 6\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>E\u0301puise\u0301 par son mandat ministe\u0301riel,<br \/>\nDi Antonio ba\u0302cle sa campagne e\u0301lectorale de 2018 et se fait pie\u0301tiner par le socialiste Joris Durigneux. A\u0300 quoi bon voter<br \/>\npour quelqu\u2019un qui n\u2019est plus jamais la\u0300&#8239;?<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<p>Les e\u0301ditions suivantes sont a\u0300 peine moins de\u0301sastreuses sur le plan financier, mais le nombre de festivaliers est en croissance, gra\u0302ce entre autres a\u0300 la pre\u0301sence d\u2019artistes comme Arno, Jean-Louis Aubert ou Noir De\u0301sir \u2014&nbsp;encore une majorite\u0301 de Franc\u0327ais, histoire d\u2019attirer le voisin si proche. Carlo Di Antonio revend la fabrique de corps creux en polyure\u0301thane qu\u2019il avait lance\u0301e en paralle\u0300le pour se consacrer a\u0300 temps plein a\u0300 son festival. En 1994, lorsqu\u2019il de\u0301cide de l\u2019e\u0301taler sur trois jours, de monter plusieurs sce\u0300nes et d\u2019ouvrir un camping, l\u2019e\u0301ve\u0301nement passe subitement de 15 000 a\u0300 45 000 spectateurs. Carlo s\u2019entoure par la suite d\u2019un programmateur franc\u0327ais, Manu Barron, pour ratisser plus large et hamec\u0327onner des VIP. C\u2019est lui qui ame\u0300ne des groupes de musique black et e\u0301lectronique. C\u2019est lui aussi qui parvient a\u0300 faire venir, en 2000, lors d\u2019une e\u0301dition de\u0301trempe\u0301e, Beyonce\u0301 et ses Destiny\u2019s Child. Personne n\u2019a oublie\u0301 ces planches en bois qu\u2019on jetait dans la gadoue pour que les stars ame\u0301ricaines puissent atteindre la sce\u0300ne sans crasser leur robe. Le festival connaissait son premier e\u0301pisode de glamour a\u0300 la belge. Et ge\u0301ne\u0301rait enfin des salaires.<\/p>\n<p>Entre-temps, Carlo est devenu <em>hype<\/em>. C\u2019est donc sans surprise qu\u2019il rec\u0327oit une proposition pour inte\u0301grer un parti politique. Ainsi en est-il de la destine\u0301e des fondateurs de festival en Belgique&nbsp;: Charles Gardier (Francofolies de Spa) devenu e\u0301chevin et de\u0301pute\u0301 wallon MR, Herman Schueremans (Rock Werchter) de\u0301pute\u0301 flamand Open VLD&#8230; Dans le cas de Carlo, l\u2019offre provient du PSC, l\u2019ance\u0302tre du CDH. \u00ab&#8239;<em>Le PSC, ce n\u2019est pas parce que je suis croyant \u2014&nbsp;je ne le suis pas \u2014&nbsp;et je ne suis ni a\u0300 gauche ni a\u0300 droite<\/em>&#8239;\u00bb, de\u0301clarera plus tard Carlo Di Antonio, <span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">qui contribuera d\u2019ailleurs a\u0300 la transformation du parti chre\u0301tien en parti humaniste. \u00ab&#8239;<em>D\u2019origine de gauche peut-e\u0302tre, mais devenu chef d\u2019entreprise, je me voyais mal chez les libe\u0301raux ou les socialistes. Peut-e\u0302tre Ecolo. Pour avoir grandi dans le Borinage, les socialistes, je les connais trop bien. Il faut restaurer la valeur travail. Le cho\u0302mage, ce n\u2019est pas un droit acquis pour l\u2019e\u0301ternite\u0301.<\/em>&#8239;\u00bb<\/span><\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 7\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Comme toujours quand une structure grandit, les nostalgiques des premiers jours commencent a\u0300 ronchonner. Nombre d\u2019habitants se souviennent des de\u0301buts du Dour Festival comme d\u2019une e\u0301poque conviviale, ou\u0300 chacun ouvrait sa porte aux festivaliers pour une douche, une bie\u0300re, parfois me\u0302me un lit. On ame\u0301nageait son garage en stand a\u0300 saucisses ou en bar improvise\u0301. Aujourd\u2019hui, la socie\u0301te\u0301 emploie deux cents e\u0301quivalents temps plein et reverse, chaque anne\u0301e, entre trente mille et quarante-cinq mille euros a\u0300 la commune. Mais il engendre des embouteillages dignes d\u2019une me\u0301galopole, monopolise 60&nbsp;% du budget d\u2019intervention de la zone de police locale et touche, a\u0300 l\u2019instar d\u2019autres e\u0301ve\u0301nements musicaux de cet acabit, cent dix mille euros de la Fe\u0301de\u0301ration Wallonie-Bruxelles au titre de soutien aux artistes belges \u2014&nbsp;bien que le festival ge\u0301ne\u0300re des be\u0301ne\u0301fices depuis 2008 (1,25 million d\u2019euros pour un chiffre d\u2019affaires proche de quinze millions en 2017). Qu\u2019on pinaille, seulement. De toute manie\u0300re, le mai\u0308eur n\u2019est \u00ab&#8239;plus que&#8239;\u00bb actionnaire de la socie\u0301te\u0301. \u00ab&#8239;<em>Alors pourquoi se de\u0301clare-t-il \u201cde\u0301tache\u0301 du mai\u0308orat\u201d durant toute la dure\u0301e du festival&#8239;? s\u2019interroge Joris Durigneux. Sur le site, il serre les pinces, s\u2019affiche dans les me\u0301dias, invite en VIP tous les Dourois ne\u0301s apre\u0300s 1983 et propose<\/em><br \/>\n<em>aux plus jeunes un pass be\u0301ne\u0301vole. Je pense d\u2019ailleurs que la plupart des primo-votants donnent leur voix a\u0300 Carlo<\/em>.&#8239;\u00bb<\/p>\n<p>Sylvain Auzende pre\u0301tend n\u2019avoir jamais rec\u0327u d\u2019invitation. Il faut dire que le patron de la Maison du Peuple de Dour, un cafe\u0301 loge\u0301 dans un ba\u0302timent art de\u0301co grisonnant, n\u2019est pas le meilleur copain du bourgmestre. \u00ab&#8239;<em>Vous n\u2019aurez pas assez avec votre calepin pour noter tous les reproches que j\u2019ai a\u0300 lui faire<\/em>&#8239;\u00bb, lance-t-il en guise de teasing. Ce Franc\u0327ais du sud de la Dro\u0302me a repris la gestion du cafe\u0301 voici trente ans. C\u2019est ici, dans un inte\u0301rieur ornemente\u0301 de moulures, de vitraux et de lambris en bois, que se tiennent les congre\u0300s du PS local. Entre deux bouche\u0301es d\u2019<em>arancini<\/em> servies par la pizzeria voisine, on e\u0301tablit un plan de bataille pour de\u0301bouter de son fauteuil mai\u0308oral le puissant fils de mineur italien.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<blockquote>\n<p>En 2006, Dour devenait<br \/>\nla seule commune du Borinage a\u0300 e\u0301chapper au PS. Une effronterie, dans cette re\u0301gion qui a vu nai\u0302tre la charte du Parti ouvrier belge<span style=\"color: var(--bs-body-color); font-family: var(--bs-body-font-family); font-size: var(--bs-body-font-size); text-align: var(--bs-body-text-align); background-color: var(--bs-body-bg);\">.<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sylvain a connu le lancement du festival, l\u2019ascension de Carlo Di Antonio, les tribulations politiques et sociales de Dour. \u00ab&#8239;<em>Au de\u0301but, j\u2019avais mon stand durant les festivite\u0301s. Quand Carlo Di Antonio a de\u0301cide\u0301 de privatiser la restauration a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur du site et d\u2019interdire les vendeurs ambulants a\u0300 proximite\u0301, je m\u2019y suis oppose\u0301. Il est arrive\u0301 avec la se\u0301curite\u0301, il voulait me casser la gueule&#8230; Le seul truc qui lui importait, c\u2019e\u0301tait de se faire un maximum de pognon.<\/em>&#8239;\u00bb Les griefs de Sylvain s\u2019abattent en effet par paquets de dix&nbsp;: le mai\u0308eur est jupite\u0301rien, florentin, maniche\u0301en, a\u0300 moitie\u0301 corrompu, englue\u0301 dans des dizaines de conflits d\u2019inte\u0301re\u0302ts&#8230; \u00ab&#8239;<em>Si vous n\u2019e\u0302tes pas son ami, vous e\u0302tes son ennemi. Moi, je n\u2019ai par exemple jamais obtenu de de\u0301rogation pour tenir un e\u0301ve\u0301nement au-dela\u0300 de l\u2019heure re\u0301glementaire, tout c\u0327a parce que je suis le tenancier d\u2019un cafe\u0301 a\u0300 tendance socialiste. D\u2019habitude, je dis du bien me\u0302me des gens que je n\u2019appre\u0301cie pas, mais dans son cas, je n\u2019ai aucun e\u0301le\u0301ment positif a\u0300 lui conce\u0301der.<\/em>&#8239;\u00bb<\/p>\n<p>La nuit vient de tomber, il n\u2019est pas encore 17 heures. On laisse la Maison du Peuple deux pas derrie\u0300re nous et c\u2019est de\u0301ja\u0300 l\u2019arre\u0302t de bus de Triche\u0300res, la fin de la boucle, le retour vers Mons. Le ve\u0301hicule de la TEC se met en branle. Un vieil homme charge\u0301 de sacs de course menace de s\u2019e\u0301taler de tout son long, deux passagers le soutiennent d\u2019urgence. Par les vitres, on distingue au loin des lueurs rouges qui clignotent, des ombres qui passent&nbsp;: ce sont les moulins du parc e\u0301olien de Dour, ou\u0300 se tient le festival depuis 2018, apre\u0300s vingt-huit e\u0301ditions sur la plaine de la Machine a\u0300 Feu. Sinistre horizon en ce soir de novembre. Fe\u0301e\u0301rie spectaculaire en juillet, qui sublime les e\u0301oliennes, leurs ma\u0302ts d\u2019acier gros comme des troncs de sycomore, leurs pales que l\u2019on croirait tourner gra\u0302ce a\u0300 l\u2019e\u0301nergie tropicale de la foule transie. Au pied des terrils autrefois, sous les e\u0301oliennes aujourd\u2019hui. Adieu vieux charbon. Voila\u0300 qui sied mieux a\u0300 Di Antonio, pas le pe\u0300re mineur, mais le fils ai\u0302ne\u0301. A\u0300 la fin des anne\u0301es 1970, alors e\u0301tudiant a\u0300 Louvain-la-Neuve, Carlo avait participe\u0301 a\u0300 la cre\u0301ation de la section locale d\u2019Ecolo, avant de prendre ses distances lorsque le mouvement s\u2019est mue\u0301 en parti politique. Maintenant qu\u2019il n\u2019est plus ministre de la Transition e\u0301cologique et de plein d\u2019autres choses, maintenant qu\u2019il trouve a\u0300 nouveau le temps de courir cinq fois par semaine, il dit vouloir \u00ab&#8239;<em>aider le CDH sur l\u2019environnement<\/em>&#8239;\u00bb, en backstage. Ce domaine lui apparai\u0302t fondamental, de\u0301sormais. Comme l\u2019est, plus largement, la nature. Comme l\u2019est, plus intimement, son potager qu\u2019il entretient avec ardeur. Modeste retour aux sources pour l\u2019ancien e\u0301le\u0300ve en horticulture, chaque fois qu\u2019il jardine. Une activite\u0301 solitaire ou\u0300 il faut se retrousser les manches, planter, patienter, faire croi\u0302tre, de\u0301multiplier, fructifier, amasser, dans le pe\u0301rime\u0300tre de\u0301limite\u0301 d\u2019une parcelle qu\u2019il contro\u0302le totalement. \u2014<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fondateur du c\u00e9l\u00e8bre festival de Dour et propri\u00e9taire immobilier en pleine expansion, Carlo Di Antonio poss\u00e8de la moiti\u00e9 de la commune, ses petits fr\u00e8res et s\u0153urs le reste. 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